Sea of Thieves

Après l’annulation de Scalebound et le report de Crackdown 3, Sea of Thieves faisait un peu office d’un phare au milieu de l’océan pour la console de Microsoft. Un jeu de piraterie issu de l’imaginaire des anglais de Rare, avec le talent et l’humour qu’on leur connait, qui avait au moins de quoi intriguer, sinon de quoi rendre impatient de voir le résultat. Pour autant, sur ses différentes présentations, le concept restait un peu flou. Bac à sable géant, MMO, expérience narrative, parfois même avait on du mal à le différencier du futur Skulls and Bones à venir. Pour ceux ayant testé les phases de bêta, le jeu devrait être un peu plus clair, pour les autres, nous allons essayer de vous en dire plus sur ce jeu. Alors pirates, virez au cabestan, bordez la brigantine, rabantez l’artimon, affalez la vigie, récurez le Spardeck et engagez-vous dans notre test de Sea of Thieves.

Les décors et l’océan sont tout bonnement somptueux.

Habituellement, je commencerais ce test en décrivant ce Sea of Thieves et son scénario, en le classifiant parmi les critères établis, cependant, ici, difficile de ranger ce simulateur de pirates aux côtés de ses petits camarades. En effet, si au premier abord on pourrait penser à un MMO, ce n’en est pas un. Comprenez ici qu’il n’y a pas possibilités de former de clan de pirates, pas de tableau des ventes, pas de niveau d’expérience etc. Il y a bien un peu de PvP mais cela reste anecdotique et certainement pas l’activité principale. Alors que nous propose donc ce Sea of Thieves au final? Et bien il propose un monde ouvert composé d’un océan gigantesque ponctué d’îles, de forteresses et d’avant postes que vous traversez aux côtés d’autres joueurs à la manière d’un The Crew. Pour dynamiser ce monde maritime, vous aurez des quêtes à réaliser, mais pas de scénario à proprement parlé. Du coup, si on voulait utiliser les codes habituels, Sea of Thieves serait un jeu d’aventure en vue à la première personne.

Comment se déroule donc une partie de Sea of Thieves? Et bien lors de votre connexion, le jeu vous demande de choisir entre un petit équipage (2 personnes) ou un grand équipage (jusqu’a 4 personnes) et vous accordera donc un sloop ou un galion. Ensuite, à vous de voir ce que vous souhaitez faire. Prendre le large pour vous balader et explorer librement l’océan, faire régner la terreur sur les sept mers en défiant en bataille navale tout ce que vous croisez sur votre chemin ou remplir des missions. Tout est bon pour accumuler les deniers et se retrouver à la taverne après une journée de flibusterie. Car au final, il ne s’agit que de cela. Argent et réputation sont les seuls éléments que vous conserverez d’une partie sur l’autre. Ici, pas de personnalisation ou d’amélioration de votre navire, pas de maison à upgrader, votre argent ne sert qu’à acheter de l’équipement. Si vous êtes coulés ou si vous quittez le jeu, aucune crainte, un nouveau rafiot vous sera livré. Bon point pour ne pas perdre des heures et des heures de craft dans un bateau qui serait perdu lors d’une bataille, mauvais point pour une activité qui aurait rajouté du contenu à un jeu qui, soyons honnête, en manque cruellement pour le moment.

En mer, soyez toujours vigilant et paré pour l’imprévu.

Je vous parlais au dessus du contenu et des quêtes a remplir pour dynamiser ce monde gigantesque, quelles sont-elles? Et bien elles s’apparentent en fait à des missions annexes de jeux vidéo: la chasse aux trésors, l’élimination de bandes de pirates squelettes et le commerce. Pour cela, vous achetez un contrat de quêtes au comptoir des mandants, puis vous vous dirigez vers le point d’intérêt pour remplir cette quête. Par ordre d’intérêt croissant, on trouve donc tout en bas (très très bas) le commerce. Quête type FeDex par excellence, on vous demande d’aller chercher des bananes ou des cochons et de les livrer à un endroit précis. En plus de n’être intéressant qu’au niveau de l’immersion et du réalisme, cela peut s’avérer frustrant dans le sens où ces éléments sont générés aléatoirement sur les îles et vous n’êtes donc jamais sur d’en trouver lors de votre escale. Cette partie sera donc pour les amateurs de roleplay pur et simple plus que pour le joueur lambda. Aux côtés du commerce et (bien) au dessus en niveau intérêt se trouve le massacre de pirates squelettes. Ici, vous devrez désosser des hordes de squelettes avec votre lame et votre pistolet pour récupérer la tête de leur capitaine.

Comme dit en introduction, il n’y a pas de système d’expérience, du coup remplir ces missions ne vous apportera que de l’argent et de la réputation (et oui, on y revient). La réputation sert auprès des mandants pour obtenir de meilleurs quêtes (entendez par là des quêtes plus compliquées et rapportant plus) et l’argent sert à vous faire beau. Tout est question de skin pour personnaliser votre avatar et être la terreur fashion des océans. Enfin, l’activité la plus intéressante (et de loin), surtout si vous jouez avec des amis, est la chasse au trésor. Véritable stimulant intellectuel et grisant, celui-ci vous donne vraiment l’impression d’avoir mérité votre récompense quand vous ramenez des coffres. En effet, le jeu vous demandera de résoudre des énigmes pour trouver les coffres enterrés, de trouver la bonne île avec la bonne forme, et une fois sur place, aucune autre indication que votre boussole. Enfin, une fois le trésor en main, rien n’est terminé car les ennemis ne vous laisseront pas repartir avec le butin, il vous faudra batailler et vous entraider pour mériter vos deniers. Pour les plus téméraires, le jeu propose aussi des attaques de forteresses, indiquées par un nuage en forme de crane. Si le concept et l’appât du gain étaient plutôt bons, on se rends vite compte de deux défauts majeurs: aucun challenge et une idée gâchée par la communauté. Aucun challenge, pourquoi? En réalité, il s’agit de survivre à des vagues de squelettes de plus en plus nombreuses et puissantes. Sauf que dans Sea of Thieves, la mort n’est qu’un mauvais rhume et quand vous mourez (ce qui arrive forcément vu la masse d’assaillants), vous revenez sur votre bateau après un court passage sur le bateau des morts. Ainsi vous pouvez vous lancer tête baissée dans la bataille sans aucune crainte et donc aucun challenge. Et gâchée par la communauté car sur mes 5 attaques de forteresses, 3 se sont soldées par des joueurs n’étant venus que pour couler les bateaux des joueurs participants à l’attaque…

Les attaques de forteresses auraient pu être un des points fort du jeu

Au moment de me lancer dans ce test, j’accumulais à peu près une vingtaine d’heures de jeu en « solo ». Entendez par là que j’avais fait des parties seul sur mon rafiot, à devoir gérer les voiles, la barres, écoper et réparer après les attaques et cela était rapidement très ennuyeux. Une option permettant de ne pas être attaqué, un peu comme dans GTA online serait d’ailleurs probablement une bonne idée pour ceux voulant faire leur petite vie tranquille (même si on perdrait en immersion et réalisme, mais pouvoir laisser le choix serait appréciable). Ajoutez à cela quelques parties avec des joueurs random, de niveaux très différents, certains jouant le jeu, d’autres non, certains connaissant leur rôle, d’autres seulement là pour foutre la zizanie et vous comprendrez que je n’étais pas forcément très enthousiaste de ce Sea of Thieves. Certes j’appréciais de parcourir un océan gigantesque, l’impression de liberté sur des mers crédibles et vraiment somptueuses, mais la lassitude me guettait et l’énervement de la rencontre avec certains joueurs me passaient l’envie de revenir sur le jeu. Afin de me faire un avis complet et pour répondre à la demande d’amis, j’ai fait des parties à quatre joueurs en groupe d’amis et là, le jeu prends une toute autre dimension. Naviguer avec des loups de mers aguerris et coopératifs, chacun ayant son rôle pousse le réalisme et le plaisir de jeu à un niveau rarement vu. Affronter une tempête dans ces conditions est à le fois grisant et majestueux. Les batailles navales deviennent des affrontements épiques où la vigie vous informe des mouvements ennemis, ou votre moussaillon change le sens des voiles pendant que vous virez de bord aidé par l’ancre, pendant que votre 4ème recharge les canons pour une nouvelle salve, et vous ne voyez pas passer les 30 minutes d’affrontement épique, entre jouissance d’avoir fait mouche et panique de voir de l’eau sortir de vos cales.

Le monde des morts vous verra passer plus d’une fois.

En conclusion, Sea of Thieves est une curiosité dont l’expérience de jeu dépendra énormément de la manière dont vous l’abordez, mais encore plus de l’équipage qui vous accompagnera dans vos pérégrinations. Nous ne pouvons que vous conseiller de monter un équipage pour profiter pleinement de l’expérience.

Pseudo :

Joueur depuis la NES et ayant possédé toutes les consoles sauf la regrettée Dreamcast, jouant a tous les styles de jeux et chasseurs de trophées compulsif

Playstation Archangejulien

Succés XBox JusticiaOmnibus

A propos de ce test

Jeu fourni par : Microsoft

Testé sur : Xbox One

Bons points

Bons Points Un océan crédible

Bons Points Fun avec des amis...

Bons Points Les chasses aux trésors

Mauvais points

Mauvais Points Pas de mode "pacifiste"

Mauvais Points ... mais lassant en solo

Mauvais Points Le commerce

commentaires

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