Un parfum de vieille école qui fait du bien

À une époque où les productions AAA rivalisent de cartes gigantesques, de feuilles de route sur cinq ans et de mises à jour en pagaille, Pragmata prend le chemin inverse. Le nouveau projet de Capcom ne cherche ni à monopoliser votre temps libre ni à devenir votre résidence secondaire vidéoludique. Il propose une aventure condensée, pensée pour être terminée en une douzaine d’heures, puis éventuellement revisitée pour son contenu additionnel.

Le résultat rappelle immédiatement une certaine philosophie du jeu vidéo aujourd’hui devenue rare : celle des productions de l’ère PlayStation 2, bâties autour d’un gameplay solide, d’une progression linéaire et d’une histoire racontée jusqu’au générique sans chercher à occuper les joueurs pendant des centaines d’heures.

Hugh et Diana, un duo qui porte toute l'aventure

Pragmata raconte l’histoire de Hugh Williams, membre d’une équipe de secours envoyée sur la station lunaire Cradle après une mystérieuse perte de communication avec la Terre. Une catastrophe survient rapidement, laissant Hugh blessé et isolé au milieu d’une base contrôlée par une intelligence artificielle hostile.

Son salut prend la forme de Diana, une enfant artificielle capable de manipuler les systèmes de la station grâce à ses talents de piratage.

Le scénario n’invente certainement pas le concept de la relation père-fille improvisée, mais il l’exploite avec suffisamment de sincérité pour fonctionner. Diana apporte une véritable chaleur à l’aventure, tandis que Hugh assume pleinement son rôle de protecteur bourru. Le duo rappelle parfois certaines œuvres emblématiques du médium, sans jamais tomber dans l’imitation pure et simple.

L’intrigue reste relativement simple, mais elle se révèle efficace grâce aux interactions régulières entre les deux protagonistes. Pragmata n’essaie jamais d’être plus intelligent qu’il ne l’est réellement, préférant miser sur des émotions universelles plutôt que sur des rebondissements alambiqués.

Un TPS qui fait travailler les neurones

L’originalité principale du gameplay repose sur la complémentarité entre Hugh et Diana.

Hugh s’occupe des fusillades tandis que Diana intervient pour pirater les robots ennemis. Ce piratage prend la forme d’un petit puzzle qu’il faut résoudre en plein combat afin d’exposer les points faibles des adversaires.

Sur le papier, cela peut sembler laborieux. En pratique, le système devient rapidement naturel et offre un rythme étonnamment dynamique. On jongle entre esquives propulsées, gestion de l’arsenal, analyse du terrain et séquences de hacking avec une fluidité assez remarquable.

La variété des ennemis contribue largement au plaisir des affrontements. Certains empêchent le piratage, d’autres réparent leurs alliés ou protègent des tireurs embusqués. L’arsenal, composé de nombreuses armes et améliorations pour Diana, permet également d’adapter son approche en permanence.

Le système n’est pas révolutionnaire, mais il est suffisamment malin pour éviter la sensation de répétition.

La station Cradle a un sérieux accent PS2

Pragmata assume totalement sa structure old-school.

La station lunaire est divisée en plusieurs secteurs indépendants reliés par un hub central servant de refuge aux héros. Chaque zone possède ses secrets, ses combats, ses défis facultatifs et ses boss particulièrement impressionnants.

Capcom privilégie ici une approche très directe : exploration limitée, progression linéaire, collecte de ressources et amélioration progressive des personnages.

Les amateurs des productions modernes ultra ouvertes pourront trouver l’ensemble un peu daté. D’autres y verront au contraire une bouffée d’air frais, un retour à une époque où l’on terminait un jeu avant de passer au suivant plutôt que d’ajouter une nouvelle icône à une pile de titres jamais lancés.

Une durée contenue, mais une vraie envie de recommencer

Une fois la campagne terminée, Pragmata dévoile plusieurs contenus supplémentaires.

Le mode Nouvelle Partie Plus, des niveaux de difficulté avancés et surtout une campagne secondaire baptisée « Signal Inconnu » viennent enrichir l’expérience avec de nouvelles armes, capacités et affrontements revisités.

Capcom mise clairement sur la rejouabilité plutôt que sur l’allongement artificiel de la durée de vie. Une philosophie qui colle parfaitement à l’identité du projet.

Une direction artistique qui évite la froideur spatiale

Visuellement, Pragmata profite pleinement des capacités du RE Engine.

Cradle aurait facilement pu devenir une succession de couloirs métalliques impersonnels, mais Capcom évite cet écueil grâce à la fibre lunique, une matière capable de reproduire pratiquement n’importe quel environnement.

Ainsi, les joueurs traversent aussi bien des paysages lunaires que des reproductions d’espaces terrestres, des laboratoires abandonnés ou des secteurs plus inquiétants flirtant parfois avec l’horreur science-fictionnelle.

Le résultat est convaincant. Certains niveaux sont plus inspirés que d’autres, mais l’ensemble bénéficie d’une véritable personnalité.

Techniquement, Pragmata impressionne surtout par sa fluidité constante. Les combats restent lisibles malgré leur nervosité, tandis que les animations et les effets visuels renforcent constamment le plaisir de jeu.

Verdict : une capsule temporelle signée Capcom

Pragmata ressemble à un jeu qu’on aurait pu découvrir en 2004, mais développé avec les outils de 2026.

Il ne cherche jamais à devenir le nouveau mètre étalon du jeu d’action ni à révolutionner le genre. Il préfère proposer une aventure maîtrisée, rythmée et sincère, centrée sur son gameplay et sur une relation attachante entre ses deux héros.

Cette modestie assumée pourra frustrer les joueurs en quête d’une expérience plus ambitieuse. Pour les autres, Pragmata représente exactement ce qu’il prétend être : un très bon jeu d’action qui se termine, donne envie d’être rejoué et rappelle qu’il est parfois agréable d’appuyer sur Start et simplement… jouer.

NOTRE AVIS

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Pragmata ressemble à un jeu qu'on aurait pu découvrir en 2004, mais développé avec les outils de 2026. Il ne cherche jamais à devenir le nouveau mètre étalon du jeu d'action ni à révolutionner le genre. Il préfère proposer une aventure maîtrisée, rythmée et sincère, centrée sur son gameplay et sur une relation attachante entre ses deux héros. Cette modestie assumée pourra frustrer les joueurs en quête d'une expérience plus ambitieuse. Pour les autres, Pragmata représente exactement ce qu'il prétend être : un très bon jeu d'action qui se termine, donne envie d'être rejoué et rappelle qu'il est parfois agréable d'appuyer sur Start et simplement... jouer.

Yakudark

BONS POINTS

  • Un système de combat nerveux qui renouvelle intelligemment le TPS.
  • Le duo Hugh-Diana apporte beaucoup de charme à l'aventure.
  • La direction artistique évite habilement les clichés de la science-fiction froide.
  • La rejouabilité est particulièrement généreuse pour un jeu de cette durée.

MAUVAIS POINTS

  • Son level design manque parfois d'inspiration.
  • Les joueurs adeptes des mondes ouverts pourraient le trouver trop linéaire.
  • L'ensemble reste excellent sans jamais véritablement surprendre.

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