Coq-man & Poussin, interview du créateur

Publié par le 04 février 2021

Nous vous en avions parlé cet été, un auteur de comics de notre région lançait sa campagne Ulule afin de financer le tome 3 de Coq-Man Et Poussin. La campagne s’est terminée avec succès puisque le tome à été financé à 355% et la date de sortie est désormais toute proche. Nous repartons à la rencontre de son auteur: Cyrille Munaro.

Bonjour Cyrille et tout d’abord félicitations pour cette campagne Ulule réussie avec brio. Merci à toi d’avoir accepté de répondre à quelques questions pour notre site.

La campagne est modeste, mais ça a fait plaisir de la voir aboutir en 24 heures! Merci à mes fidèles fans d’avoir répondu présent. Alors qui je suis? Un jeune dessinateur pas connu depuis des années, qui commence à devenir vieux 😛

Je dessine depuis tout petit, avant même de savoir écrire, je gribouillais. Mon père achetait Pif Gadget à mon frère et à ma sœur qui sont plus âgés que moi. Quand je suis né, il y avait déjà un placard plein de BD, et quand j’ai été capable de pouvoir aller les regarder seul, je m’en suis mis plein les yeux. Et puis il y a eu Goldorak à la télé, qui a eu droit à son propre journal en France, et comme je trouvais les combats trop court, je me suis mis à en dessiner dans des cahiers, c’est peut être de là que ça m’est venu. Et les super héros aussi commençaient à faire leur apparition, Spider-Man en dessin animé débarquait à la télé, Superman au ciné, et ils avaient aussi leurs journaux. Les dessins animé japonais commençaient à se multiplier sur le petit écran, Albator a aussi eu droit à son journal français, Captain Fulgur, avec beaucoup d’histoire de SF et d’article sur la BD fantastique, l’un d’eux présentait un personnage qui m’a plu tout de suite, Captain America. Il avait une série d’album publié en kiosque, et c’était sa période assez punchy, de la bonne bagarre comme j’aimais, je m’inspirais de ses scènes d’action, et c’est par lui que j’ai découvert l’univers Marvel, puis ensuite par l’intermédiaire des Strange, Nova, Spidey, Titans, etc… Et c’est ainsi que j’ai commencé à lire du comics traduit par Sagédition, Arédit et Lug à l’époque. Toutes ces BD me donnaient envie de dessiner à mon tour. On avait du lourd à se mettre sous la dent. Plus tard, j’ai découvert le journal de Spirou, et encore plus tard Fluide Glacial. Tout les bons auteurs et leurs bonnes BD ont fini par m’influencer et mon cerveau a assimillé leur façon de faire pour arriver à la mienne.

Non, je suis plutôt autodidacte. J’ai appris en regardant dans les pages des BD qui me plaisaient. J’ai passé un CAP de dessinateur en publicité en 92 qui, à part m’apprendre à utiliser de nouveaux outils, ne nous aura pas servi à grand chose. On nous a montré comment faire les choses à l’ancienne, comme ça se faisait dans les années 70/80, alors que dans les boites de pub ils commençaient déjà à bosser avec l’informatique. Un ordinateur, on l’a eu en seconde année, un seul pour un vingtaine d’élève, et les profs ne savaient pas vraiment s’en servir mieux que nous. Bah, on s’est quand même bien marré durant ces deux années de lycée. J’y ai parfait ma culture manga auprès de potes qui étaient bien calés sur le sujet.

J’ai toujours écris des histoires. Au collège, on avait des profs de français qui nous donnaient un début d’histoire, et on devait imaginer la suite. Ça me plaisait beaucoup, et j’étais plutôt doué pour trouver des chutes inattendues. Ça me vient de la série La Quatrième Dimension de Rod Serling qui m’a beaucoup influencé. Pour la narration, je m’inspirais de celle de Frank Miller, très polar et cinématographique. Je combinais leurs styles et au final j’avais une très bonne note 🙂 Pour Coq-Man & Poussin, j’ai fait en 1998 un simple dessin parodique de Batman et Robin avec comme question : “Et si Bruce Wayne n’était pas tombé dans une grotte infestée de chauves-souris, mais dans un poulailler?“ Je les avait dessiné avec un costume de poulet et de poussin. Et puis l’idée d’en faire une histoire à part m’est venue rapidement. Sans être une parodie de Batman, c’est plutôt un pastiche de super héros avec side-kick, avec son propre vécu, ses ennemis à lui. Un super héros du réel, comme Kick Ass ou les Mystery Men, avec le cui… heu… le QI de OSS 117. J’ai réalisé en 2000 une histoire qui se terminait mal pour eux, et pendant que je la dessinais, j’ai eu l’idée de comment les sortir de ce mauvais pas, j’ai écris cette suite, et je ne l’ai réalisé que 2 ans plus tard. Puis d’autres idées pour eux me sont venues, j’ai écris des notes, et pris mon temps pour les dessiner. Et de one shot, c’est devenu ma série.

Et bien j’ai des idées pour au moins 5 tomes, avec une conclusion, un gros final qui dépote. Mais il me faudrait beaucoup de temps, que je n’ai pas, pour les réaliser. Si je peux les faire malgré tout, je ne me gênerais pas, même si les parodies semblent ne plus être dans l’air du temps !

Il est déjà écrit 😛 En fait j’avais écris une histoire d’une vingtaine de page en 2015, et je n’ai pas eu le temps, ni l’énergie pour le faire. Je l’ai mise de coté et je suis ensuite passé sur mon histoire d’Halloween, que j’avais imaginée avant, mais que j’ai développée après. Je me suis remis brièvement sur le 4 et j’ai étalé le scénario sur une quarantaine de page, pour avoir une narration plus aéré, et des scènes moins serrées.

J’avais le thème en tête depuis des années, je prenais des notes, des idées sur des bouts de papiers, des feuilles, je rangeais tout dans un classeur. Des fois je réécrivais les mêmes idées, et je me rendais compte que les développements étaient presque quasiment identiques, donc je gardais l’idée générale. Je commençais à avoir plein de scènes, je voulais tout garder, et j’ai pratiquement tout gardé, mais le plus dur, a été de les mettre dans l’ordre. Quoi passer avant quoi? Certaines scènes paraissaient logique, mais pas toutes. C’était un vrai puzzle! Et sans modèle auquel se fier. Mais l’écriture, j’aime ça, ça ne m’a pas gêné de me faire des nœuds au cerveau. Et ensuite quand l’ordre était établi, il fallait des liants entre certaines, ça n’a pas été facile non plus d’en trouver, mais ça m’a plu de chercher, de tourner et retourner les scènes dans ma tête. Et comme j’ai carte blanche pour le scénario, j’ai tout développé, rien supprimé, j’étais libre de faire une histoire avec une durée courte ou longue. Je pensais au début que mon histoire ferait une soixantaine de pages, mais en développant les dialogues, les passages, je me suis aperçu quand je commençais à faire le calibrage que ça n’allait pas être de la tarte. Au final, j‘ai dessiné leur plus grosse aventure, et la plus barrée.

D’autres volumes de mes poulets, j’aurais de quoi en faire 3 autres, une BD humoristique pour enfants, et une autre plus sérieuse dans un style réaliste sur les arts martiaux, mais là il me faudrait de l’énergie que je n’ai pas encore retrouvé pour le moment.

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