Resident Evil Village

Resident Evil : La Naissance Du Survival Horror

Publié par le 15 mai 2021

Au début des années 90, l’industrie du jeux vidéo n’est pas la même que nous connaissons aujourd’hui. Véritable nouveau média en expansion, le jeu vidéo cherche ses inspirations le plus souvent au cinéma. Et le genre à la mode durant les années 1980-1990 est l’horreur, des adaptations de Massacre à la Tronçonneuse, Halloween voient très rapidement le jour et diverses adaptions se montrent.

Un studio de l’archipel Nippon se démarque fort à l’époque, fier de ses succès comme Street Fighter ou Mega Man, Capcom va lui aussi chercher sa part du gain dans l’horreur. Créant un jeu tiré d’un film, la direction de Capcom prend le train en marche et veut créer son propre jeu original d’horreur, sobrement appelé Biohazard ou Resident Evil en occident. Au-delà du simple jeu vidéo ou de la saga qui va suivre. Un nouveau genre de jeux vidéo est née, le Survival Horror.

LES ORIGINES DE LA CREATION DU MAL

Resident Evil n’a évidemment pas créé le genre du jeu horrifique, il y eu bien avant lui divers jeux et adaptations qui l’en ont inspiré notamment un jeu français important sur lequel nous reviendrons plus tard.
Les jeux d’horreur débutent dès l’Atari 2600, ou l’un des premiers succès d’horreur est Haunted House en 1981, les limitations techniques de la machine forcent évidemment le joueur à user de son imagination afin d’entrer dans ce type d’univers. Par la suite, au Japon, véritable berceau du jeux vidéo, les bornes d’arcades sont maitresse, et aussi, divers titres horrifiques ou à connotation horrifique se démarquent, pour ne citer que Ghost’n’Goblins ou Castlevania de chez Konami, on parle alors « d’Horror Game ».

Rapprochons-nous de la sortie de ce qui nous intéresse avec dans les années 90, des jeux comme Clock Tower sur Super Nintendo ou l’on suit une jeune fille qui doit fuir un homme difforme avec un énorme paire de ciseaux qui nous traque et qui prend place dans un manoir, d’autres titres comme « D » beaucoup plus cinématique, l’horreur classique laisse sa place de plus en plus à l’ambiance horrifique. Mais également Alone in the Dark sorti en 1992. Jeu français dont les ressemblances avec Resident Evil sont grandes. Mais pour Capcom, avant la création de Resident Evil, tout part d’un jeu, « Sweet home ».

Sweet Home adaptation du film du même nom, sort du Nintendo NES, développé par Capcom et créé par Tokuro Fujiwara qui possède dans son sac des titres comme Bionic Commando, Ghost’n’Goblins ou encore Mega Man. Sweet Home est en quelque sorte l’origine de Resident Evil. Il s’agit d’un groupe de 5 personnages, qui se retrouvent dans un manoir à faire face à des zombies sur des mécaniques de tour par tour. On ouvre les portes en vue à la première personne. Le jeu rencontre un succès suffisant pour Capcom qui va décider de faire une suite spirituelle à Sweet Home et va ainsi vouloir créer un nouveau jeu sous la coupe de Tokuro Fujiwara, mais ce dernier conseille aux instances de Capcom, un créateur prometteur qui travaillait avec lui sur Sweet Home. Il s’agit de Shinji Mikami.

SHINJI MIKAMI, LE CREATEUR D’UN GENRE

Avant d’entrer dans le vif du sujet pour Shinji Mikami, il faut parler de l’avant Capcom. Passant par une enfance compliquée, dans une famille très traditionnaliste Japonaise, il reste campé sur les arts martiaux et le Catch. Mais un jour notre nippon atterri sur un magazine de jeux vidéo dont la couverture évoque un jeu de Catch. Mikami file dans une sale d’arcade, et son histoire commence.

Il faut savoir qu’a l’époque pour travailler chez Capcom, il faut passer un examen d’entrée. Il faut souligner qu’en 1990, Capcom est un véritable pilier de l’industrie du jeux vidéo de l’archipel mais aussi mondial. Mais c’est lors d’une session de recrutement dans un hôtel, que Shinji Mikami se fait remarquer par Tokuro Fujiwara qui va l’appeler directement, car ils ont besoin d’employés pour un nouveau projet. Mikami s’occupe de différent projet Disney, jusqu’au jour ou Fujiwara va lui demander « est ce que tu aimes avoir peur ? ». Avec grande conviction Shinji Mikami lui répond que non. Il va évidemment s’occuper de la suite spirituel de Sweet Home cité précédemment car pour le créateur de Ghost’n’Goblins, il faut détester avoir peur pour transmettre la peur.

Evidemment Mikami va s’inspirer grandement du cinéma, comme Massacre à la Tronçonneuse, les films de zombie de Romero et évidemment Alone in the Dark.

Il faut évidemment toujours recontextualisé l’époque de la sortie de Resident Evil. En 1996, internet n’est pas autant implanté en France. Et toutes les informations, les leak et les previews se font dans les magazines. Le système de sauvegarde automatique dans les jeux n’existe pas et c’est sur cet ensemble que le genre dont est tiré Resident Evil va naitre. Shinji Mikami va apporter, la gestion de la santé vitale de son personnage, la gestion des ressources en munitions qui pour l’époque sont extrêmement rares, l’idée des caméras fixes placées dans des décors 3D à couper le souffle pour l’époque. Tout ce mixage fait que la presse spécialisée de l’époque annonce une véritable gestion de sa survie dans le titre. Le genre Survival Horror est née en 1996 par Shinji Mikami.

LA SUITE ET SES CONTAMINATIONS

2 ans plus tard … sort dans la douleur, la suite du très réussit Resident Evil. Shinji Mikami devient producteur et le réalisateur est Hideki Kamiya qui sera plus tard le papa d’une grande licence. Cependant la production est chaotique, Shinji Mikami n’apprécie pas le style très action que donne Kamiya avec principalement la zone de jeu, le commissariat qui sonne beaucoup trop froid et trop réel. Mikami reboot le projet, mais garde quelque idée, le commissariat est toujours présent, mais certains personnages ne sont pas là. On laisse place à Leon S. Kennedy et Claire Redfield. Le titre tire son épingle par son scénario en deux temps. La mise en place d’un scénario A et d’un scénario B permet aux joueurs de faire plus attention à leurs ressources. Car un objet pris dans le scénario A par Leon ne sera plus disponible dans le Scénario B joué par Claire.

Le studio met aussi en avant la nouveauté de la santé affichée via le personnage. Si notre santé est trop faible, notre héros ou héroïne trainera la jambe par exemple. L’action du titre est présente mais ne surpasse pas l’horreur et la peur que fait ressentir le titre aux joueurs notamment grâce à Mister X qui vous suivra longtemps dans l’aventure afin de mettre fin à celle-ci.

En 1999 sortira rapidement Resident Evil 3 sous-titré Nemesis en Europe. Le jeu marque sa différence par un ambiance et un gameplay toujours plus orienté dans l’action. A l’instar du 2e opus, on est poursuivi constamment par une arme biologique nommé cette fois-ci « Nemesis » qui veut nous détruire. La différence du 3e épisode se fait ressentir par son lieu, fini les espace clos, nous voici dans les rues de Racoon City, à l’air libre. L’ambiance angoissante, et confiné n’est plus présente, ici on respire un peu plus se qui sacrifie l’ambiance oppressante qu’ont connus les 2 précédents titres.

Nous avons deux personnages aussi dans cet épisode mais c’est l’histoire qui choisira à notre place qui nous incarneront, soit Jill Valentine soit Carlos Oliveira. Les munitions peuvent se fabriquer, l’esquive est désormais possible. Résident Evil 3 nous donne plus de possibilité pour survivre et éviter notre mort.

Parlons rapidement du Resident Evil Code : Veronica qui sort en 2000 sur Dreamcast et en 2001 sur Playstation 2. Les principales nouveautés techniques sont les panoramiques et les scrollings qui rajoutent une patte toujours plus cinématique. Premier spin off, la véritable force du titre sont les méchants: les Ashford. Certains lieux sont emblématiques et certains thèmes du titre sont beaucoup plus axés sur la psychologie.

Arrivé en 2003 en Europe sur GameCube, le deuxième Spin off intitulé Resident Evil 0 est comme son nom l’indique un préquel et une origine à la saga. Le titre est connu pour se passer principalement dans un train, mais aussi pour changer de personnage à la simple pression d’une touche. Malheureusement graphiquement le titre ne convainc pas et la lassitude dans le gameplay peine à convaincre. Capcom doit et va réagir. 

LA MUTATION

Sorti en 2005, après moult suites et spins-off, la suite de la licence horrifique de Capcom remet les points sur les i. Capcom file un coup de fouet à sa franchise mais aussi à l’industrie du jeux vidéo de manière général. Shinki Mikami se remet en question après Resident Evil 0, ou il voit les limitations du style. Après plusieurs essais dans les bureaux, dont un jeu très orienté action dont l’idée et le Game Design va donner suite à une licence futurement connu nommé « Devil May Cry », oui Resident Evil 4 devait ressembler à DMC.

Shinji Mikami prend le risque de changer totalement son virus et va sortir un nouveau modèle de son bébé qui fera l’effet d’un changement intégral dans l’industrie dans notre manière de jouer à un jeu à la troisième personne.
Le 4e du nom est le premier jeu à installer sa caméra derrière l’épaule du héros et ce dernier est capable de viser les différentes parties du corps de ses ennemis.

Le coté combat est cependant bien amené, par l’utilisation du couteau et des finish move qui achèvent un adversaire titubant.

L’IA est en lien avec son époque, les infectés sont plus intelligents et on nous met en place un scénario plus hollywoodien et international. Leon S Kennedy doit sauver la fille du président des Etats-Unis dans une bourgade d’Europe de l’Est.

Dans cet opus, finies les portes qui s’ouvrent via une Cut Scène et l’inventaire est totalement revu pour s’inspirer des Hack’n’Slash de l’époque avec un système de cases à combler, ou plus l’arme est puissante plus elle prend de place. Nous pouvons améliorer ces armes via le vendeur qui deviendra un gimmick de l’industrie par son « Welcome Stranger ». Le jeu est graphiquement au top des standards pour son époque, et nombre de jeux et de studios s’inspirons de Resident Evil 4 pour amener de la fraicheur dans le genre.

 

Capcom innove encore une fois en 2009 avec Resident Evil 5, enfin innove doucement. Le joueur n’est plus seul mais est constamment accompagné et peut l’être avec ses amis. Resident Evil 5 le titre coopératif prend place dans une ville fictive d’Afrique qui aura amené sont lot de scandales sur le Racisme du titre, ou Umbrella essaye (encore) des virus. L’un des principaux défauts du titre est la concurrence. Dead Space est passé par là, en effet le jeu spatial horrifique a montré qu’on pouvait être terrifiant tout en se déplaçant et en tirant en même temps, là ou Resident Evil 5 reste sur place lors de la visé, montre un manque de dynamisme fort dans sa globalité. En lien avec son époque divers DLC verront le jour pour la première fois dans la licence. Malheureusement ou heureusement, Resident Evil 5 reste un titre vivement critiqué par les joueurs et tombe dans l’oubli par les fans.

LA FIN ET LE RENOUVEAU

3 ans plus tard, Capcom nous sort Resident Evil 6. Division et déception s’emparent des fans. C’est le jeu de trop qui va trop loin. Malgré un contenu énorme en 4 campagnes où chacune a ses personnages, son style, ses avantages et ses défauts. Le tout relié par un fil rouge unique. Le jeu a beau s’être le mieux vendu de la franchise à l’époque il n’en reste pas moins un mouton noir pour les fans de la première heure. Le jeu regroupe la plupart des héros de la franchise, le soft est bourré d’action hollywoodienne. En presque 20 ans, nos personnages ont appris des techniques qui leurs permettent de plonger, de se rouler par terre et tout cela en tirant pour un maximum de headshot. Malgré son contenu énorme et sa différence, et son scénario original et qui prend des risques, l’horreur n’y est plus et la critique est unanime à son sujet. Capcom va devoir se remettre en question et c’est ce qu’il va faire.

Vous le voyer depuis le début, Capcom et Resident evil ont toujours su s’adapter aux mœurs de leur époque et se remettre en question. Capcom essaye un premier tir avec ses épisode « Révélations » qui proposent des histoires plus intimistes, et des lieux plus viscéraux, le succès n’y est pas. C’est pour cela que Capcom arrive à grand coup de communication et une refonte totale du style, de l’ambiance en 2017 avec Resident Evil 7.

Le choc, le jeu est à la première personne ! Se passe en Louisiane et ses marécages, et nous met dans l’idée de sauver notre petite amie des mains de la famille Baker tous fous à lier et infectés par une mystérieuse bactérie. Le titre fait carton plein manette en main mais aussi Réalité Virtuelle sur la tête. C’est la première fois en 2017 alors que la VR émerge, qu’un jeu de cette ambition et de cette durée émerge, et sa nouveauté apporte une vraie angoisse à tous ceux qui ont pu tester la VR sur Resident Evil 7. Capcom a pensé le jeu pour cette utilisation.

UNE SAGA QUI MEURT ET SE RELEVE

Vous l’avez vu à travers ces lignes, la saga Résident Evil fête cette année ses 25 ans. Resident Evil Village (Resident Evil 8) prend place à la suite du 7e opus, toujours en vue FPS. Le test est évidemment sur notre site et nous vous invitons à le consulter. Nous avons pu voir que l’épopée virale de Resident Evil a traversé les générations de consoles mais aussi de joueurs. A chaque coup de mou, la licence a su se révéler et changer, pour plaire à ses fans mais aussi ses nouveaux joueurs. Comme si la licence pouvait muter et devenir toujours plus difficile à achever. 

Aujourd’hui Resident Evil est sur la bouche de pas mal de joueurs, pour beaucoup il s’agit du premier jeu horrifique de leur vie au vu de la popularité de cette dernière, des films, des séries ont vu le jour pour le bien ou pour le mal de certains. Jouets, livres, Resident Evil est en 2021, un produit culturel populaire enraciné profondément dans la mémoire des gens. Et tel une arme vide, le joueur trouvera toujours un moyen de récupérer des balles et de recharger pour repartir s’occuper des zombies.

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