Ghost of Tsushima

Alors que les joueurs attendent depuis de nombreuses années un Assassin’s Creed situé au Japon féodal mais que Ubisoft ne semble pas décidé, que Sekiro s’adresse à un public de niche, Sucker Punch décide de se lancer en nous proposant Ghost of Tsushima. Le studio à la base de la série Infamous nous avait proposé des jeux de qualité et nous attendions donc leur nouveau bébé avec beaucoup d’impatience. L’attente en valait elle le coup, Ghost of Tsushima va-t-il concourir au GOTY ou seulement faire patienter jusqu’à l’Assassin japonais ? La réponse dans les prochaines lignes.

L'invasion Mongole

L’histoire de Ghost of Tsushima prend place pendant l’invasion mongole de l’ile de Tsushima, petite île japonaise située entre le Japon et la Corée. Elle démarre avec la bataille de Komoda, menée par les samouraïs du seigneur Shimura qui tentent de défendre la plage du débarquement mongol. Au côté du seigneur Shimura se trouve Jin Sakai, votre personnage. Après une courte bataille sans honneur marquant l’écrasante victoire des mongols, Shimura est capturé et Jin laissé pour mort. Soigné par une voleuse du nom de Yuna, Jin ne va avoir de cesse de vouloir libérer son oncle, le seigneur shimura et libérer Tsushima de l’invasion mongole et de la tyrannie de Kahn. Ce voyage sera marqué par des réflexions sur l’honneur, le courage, la fidélité, mais aussi la nécessité, le sacrifice et la remise en question. L’histoire principale est découpée en 3 actes, tandis que vous trouverez des récits vous permettant d’en apprendre plus sur vos alliés, des récits sur les légendes japonaises et de nombreuses missions annexes pour les habitants de l’île.

Bats-toi avec honneur

Un contenu conséquent

En lisant cela, on se dit que Ghost of Tsushima possède déjà un contenu plutôt correct mais ce n’est que la tranche de poisson sur le sushi. En effet, la quantité de contenu est astronomique. Dans les choses à collectionner, vous trouverez une partie historique ou background, avec les témoignages et les artefacts mongols à trouver, une partie décorative, avec les apparences de sabres à récupérer aux piliers de l’honneur et les chapeaux à trouver, mais aussi les bandeaux à débloquer aux Haïku. Les criquets chantants vous permettront, eux, de débloquer des mélodies pour votre flute. Enfin, vous aurez les collectibles « utiles », à savoir les sources chaudes qui augmentent votre santé, les sanctuaires qui vous offrent des charmes à équiper, les sanctuaires d’Inari qui vous débloqueront des emplacements de charmes et les bambous d’entrainement pour améliorer votre détermination. Pour compléter le tableau, sachez qu’il existe aussi de nombreux autels cachés dont l’utilité est seulement de déclencher une petite animation, comme l’apparition de grenouille, le vent qui soulève des pétales de cerisiers ou l’apparition de sauterelles.

Les villages sont des endroits fort reposant une fois libérés

Vous comprenez donc que votre carte va comporter de nombreux points d’intérêts à explorer. Ajoutez-y des phares à rallumer, des villageois à libérer des patrouilles mongoles, des villages et des camps à libérer et vous aurez une carte bien remplie. Il vous faudra d’ailleurs la parcourir de long en large afin de collecter les nombreuses ressources, fer, or , lin, provisions, etc… nécessaires à l’amélioration de vos armes et armures. De même, vous gagnerez en réputation et gagnerez des points de compétences pour augmenter votre personnage. Ici aussi le choix est vaste entre l’amélioration de vos capacités, de vos techniques, de vos postures ou de vos objets de fantôme. Il est facile de s’y perdre au début et l’hésitation sera probablement longue avant d’investir un point de compétence.

Faites croître votre réputation

Avec cette variété, vous pourrez donc adapter votre évolution à votre propre style de combat. Sachez que ceux-ci demandent un véritable temps d’adaptation et un bon sens du timing. D’abord assez retors, ces derniers se simplifient grandement quand vous maîtrisez la parade et que vous avez une bonne synchronisation. Ils deviennent même une quasi-formalité une fois toutes les postures de combat débloquées. En effet, chaque posture est efficace contre un type d’ennemi. La posture de la pierre pour les ennemis munis d’épées, la posture de l’eau contre les ennemis aux boucliers, du vent pour les ennemis munis de lances et de la lune pour les brutes. Vous pouvez switcher de l’une à l’autre immédiatement en maintenant R2 + l’un des boutons croix, carré, triangle ou rond. Les combats sont assez dynamiques et plutôt corrects, les ennemis vous attaquant de tous côtés et en même temps, l’esquive et les contres seront vos précieux alliés. Le véritable souci vient de l’absence de lock et de la caméra qui est vraiment désastreuse. On ne voit parfois pas d’où viennent les attaques et l’on attaque rarement l’ennemi souhaité, ce qui est problématique quand on vous dit que chaque posture est efficace contre un type d’ennemi particulier. Attaquer un lancier avec la posture de la pierre est contre-productif.

Les sanctuaires d'Inari, un des nombreux lieux à découvrir

De nombreux défauts cependant

C’est malheureusement loin d’être le seul souci de ce Ghost of tsushima. Souvent comparé aux Assassin’s Creed nouvelle génération, GoT en reprend de nombreuses mécaniques. Cependant, l’escalade est grotesque, les sauts à revoir ainsi que le grappin. Il est inadmissible de rater 3 fois le même saut quand celui-ci est scripté. Votre fidèle allié le cheval est presque pire que celui de Red Dead Redemption 2, sautant parfois des murets de 1m, se retrouvant parfois bloqué par un tronc, refusant tout bonnement d’entrer dans l’eau quand celle-ci dépasse son sabot et ne traversant pas les arbustes. Ajoutons les (trop) nombreux scripts qui cassent le jeu, comme par exemple le fait de croiser des cadavres que vous ne pouvez pas examiner avant d’atteindre la mission, les traces de pistages qui n’apparaissent pas sans le bon dialogue, voir les personnages qui courent 50m pour rejoindre le lieu d’où part le script de dialogue alors qu’ils étaient à côté de vous et l’immersion en prends parfois un coup.

On est d'accord, là c'est moche?

Nous pourrons aussi souligner les bonnes idées du jeu que celui-ci gâche seul. Prenons comme exemple le fait de suivre les animaux pour vous amener à des points d’intérêt, bonne idée pour réduire le hub et augmenter l’immersion. Cependant cette feature est rendue obsolète par le fait qu’ils vous amènent 90% du temps vers des lieux indiqués sur votre carte ou bien indiqués par le vent directeur quand vous l’améliorez. Idem, la confrontation, scène de défi méga classe où vous affrontez plusieurs ennemis à la suite, rends l’assaut de camp beaucoup plus facile quand vous éliminez les chefs de camps d’un seul coup plutôt que de les affronter classiquement. Ce sont, certes des petits détails insignifiants pris indépendamment, mais qui laissent un sentiment de regret mis bout à bout.

Les duels sont des passages plutôt sympa

Pour terminer sur les défauts, on regrettera que la majeure partie des missions soient de l’attaque de fort ou de la libération de village, ce qui revient au même et qui n’est clairement pas la partie la plus intéressante du soft. On aurait aimé plus de duels ou de récit mythique, un poil plus intéressant.

Les récits mythiques sont de toute beauté

Le yang contrebalance le yin

Il y a cependant des domaines dans lequel Ghost of Tsushima réussit bien et rend une très bonne copie : l’ambiance. Que ce soit les graphismes, certes inégaux mais très propres la plupart du temps, ou bien l’ambiance Japon parfaitement retranscrite. On ressent vraiment les valeurs de respect de la nature, de hiérarchie, d’honneur, mais aussi l’ambiance sonore absolument somptueuse avec des thèmes langoureux au violon ou à la flûte japonaise. Un caviar pour les oreilles. La spatialisation du son est aussi très réussie, par exemple vous saurez toujours de quel côté arrive votre cheval ou vous saurez où vous tournez pour trouver les oiseaux dorés.

i'm a poor lonesome Cowboy

Pour conclure, Ghost of Tsushima possède énormément de contenu, peut-être trop (et j’en ai probablement oublié), ce qui pourrait décontenancer le joueur au départ. Les nombreux soucis techniques nous font lâcher un « c’est dommage » tant le jeu aurait mérité d’être mieux maitrisé, mais il en ressort une aventure agréable et enivrante au milieu des pétales de cerisiers et on ne va pas bouder son plaisir.

Archangejulien

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Bons points

Bons Points Les graphismes

Bons Points La bande son

Bons Points Le contenu gargantuesque

Bons Points L'ambiance Japon

Mauvais points

Mauvais Points La camera

Mauvais Points De nombreux bugs

Mauvais Points Le jeu qui rend ses mécaniques obsolètes lui même

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