Stellaris Console Édition

Paradox s’est fait rapidement un nom dans le milieu très fermé et exigeant qu’est le 4X (jeu de gestion regroupant quatre grands principes, l’exploration, l’expansion, l’exploitation et l’extermination) avec Stellaris, sorti initialement sur PC le 9 mai 2016. Sa sortie en version physique sur console (après une disponibilité dématérialisée depuis Février) proposera un package avec sa première extension et ses packs de DLC, mais que vaut-il ?

Il était une fois l’espace

Nous sommes en 2200, l’humanité, via un gouvernement planétaire,  a enfin la possibilité de parcourir l’univers grâce à la technologie d’exploitation des hyperlignes, sorte d’autoroute interstellaires entre certains systèmes. Les premiers vaisseaux humains sont petits mais les vaisseaux scientifiques parcourent déjà l’inconnu à la recherche de vie extraterrestre et de nouveaux mondes habitables.

Juliette Bouchard, jeune scientifique à bord de l’USS Newton sera la première à découvrir une nouveau monde habitable pour l’homme, dans le système solaire Sirius. Quelle chance ! Immédiatement un vaisseau colonial se met en route afin de réaliser l’un des plus grands rêves de l’homme.

Juliette Bouchard découvrit une seconde planète habitable sur Alpha Centauri, juste à côté de Sirius. Son expérience grandissant elle continua d’explorer tout en suivant de près l’installation des deux colonies. 2224, les détecteurs découvrent un immense astéroïde se dirigeant en droite ligne sur la jeune colonie d’Alpha Centauri Prime. Immédiatement la première flotte, constituée de corvettes militaires fraîchement améliorée avec un nouveau moteur PRL prirent l’hyperligne avec un seul objectif, arriver à temps.

Le temps allait être serré et la première Flotte a 2 sauts à réaliser avant de pouvoir tenter de détruire cet astéroïde. Pendant ce temps, sur la colonie de Sirius Prime, de fréquents tremblements de terre secouent la région et c’est encore une fois Juliette Bouchard qui découvrit la raison de ce bousculement géologique. Un peuple intelligent vivant sous terre creusant des galeries ! Le peuple de la Terre est en effervescence à la découverte de la première race alien ! Les premières négociations commencèrent juste après l’arrivée in-extremis de la première flotte sur Alpha Centauri qui, après 5 jours d’acharnement, réussi à briser l’astéroïde en deux, sauvant la colonie !

La quête d’expansion de l’humanité ne faisait que commencer, des perspectives gigantesques s’ouvrirent à eux lorsque la scientifique Bouchard (encore elle) trouva par hasard les ruines d’une ancienne civilisation extrêmement avancée appelé : La Première Ligue

Gestion tentaculaire

Ce petit pitch d’introduction montre que dès les premières minutes, le jeu vous met dans l’ambiance en proposant des événements aléatoires ajoutant richesses et plaisir de jeu. Paradox est connu pour ses jeux très complexes et Stellaris ne fait pas exception à la règle. Les premières heures permettent de se mettre gentiment dans le bain, via le didacticiel mais surtout par votre propre expérience. Il ne sera pas rare que vous recommenciez une partie parce que vous venez de comprendre une mécanique qui aurait tout changé à votre manière de gérer votre empire. 

C’est aussi ce qui fait la richesse de ce jeu, vous apprenez à chaque fois et votre vigilance doit être constante pour que votre économie et votre nation restent optimale. La gestion d’une planète se gère sur plusieurs aspects, les secteurs, découpés en 4 sections (urbain, générateurs, miniers et agricoles) mais également sur les bâtiments que vous construirez. L’équilibre est parfois précaire, surtout si votre population est sur une planète à l’habitabilité limitée, sans emploi et ils tomberont dans la criminalité, voir la piraterie !

L’espace est à peine mieux car votre expansion est directement liée à votre influence. Chaque avant-poste construit permet certes d’exploiter les ressources du systèmes (miniers, recherche voir colonisation) mais à s’étendre trop vite et votre capacité administratives sera débordée, décuplant le coût des recherches scientifiques, des traditions et des personnalité. Cela peut aller jusqu’à figer tout un empire !

Couplez ceci avec des créatures gigantesques agressives ou d’anciens drones défensifs oubliés et bien évidemment à d’autres empires Aliens plus ou moins belliqueux et votre gestion devient tentaculaire ! Heureusement vous pourrez laisser partiellement la main à vos gouverneurs de régions pour prendre certaines décisions mais gare aux dissensions si vous ne faites pas ce qu’il faut ! Impossible me direz-vous avec une manette de faire tout ça ?

Interface et maniabilité complètement repensées

Il est vrai que fournir un véritable 4X sur console est un tour de force et Paradox, pour le coup s’en sort plutôt bien. Ici l’ensemble des interfaces est découpé en 4 familles, accessibles via les 4 directions de la croix directionnelle. A gauche, la gestion globale, science, diplomatie, gestion galactique et militaire. En haut, les ressources et capacité (administrative, base et flottes).

A droite, la gestion planétaire, des vaisseaux civils (construction, scientifique et colonial) et militaires (vaisseaux et troupes). En bas les messages informatifs de votre guide comme une recherche terminée, une anomalie trouvée ou un message diplomatique. De ce dernier vous pouvez ouvrir directement l’interface voulue.

Il faut être honnête, c’est bien moins intuitif qu’avec une souris mais après quelques heures de manipulation on s’y fait, même si cela devient vite confus lorsque le jeu croule sous l’information et les fenêtres qui apparaissent toutes seules (générateur d’erreur) et mettre le jeu en pause sera monnaie courante pour prendre le temps de tout lire.

Rassurez-vous le jeu vous aide un peu avec certains mécanismes comme les priorités de vos secteurs afin de privilégier la recherche ou la fabrication d’alliages, vitale pour la construction de base stellaire ou de vaisseaux. Ces derniers sont d’ailleurs complètement personnalisables via la conception. Vous pouvez laisser le jeu optimiser lui-même vos modèles (quitte à passer des années à améliorer vos vaisseaux) ou personnaliser ces derniers en les ultra spécialisant et donc avoir plusieurs sous-versions d’un même modèle.

Chaque type de vaisseau et de base stellaire est composé de blocs, chaque bloc accueillant un type d’armement, de propulsion, de protection et d’équipements. Le jeu a tendance à naturellement équilibrer ces derniers entre boucliers et coques, et proposer un armement hétéroclites, permettant d’être efficace sur la majorité des situations. Vous êtes néanmoins totalement libre de faire ce que vous voulez..

Un jeu infini…

Nous sommes en 2275, Juliette Bouchard vient de fêter sa centième année. Sa vie a été particulièrement riche et couronnée de succès. Elle a découvert l’ancien monde natal de la Première Ligue, aujourd’hui colonisé par l’homme. Elle a été en contact avec 2 civilisations Aliens très anciennes et incroyablement puissantes, autant que leurs arrogances d’ailleurs.

Aujourd’hui elle est devenue la présidente de l’organisation des nations unies, qui prône via ses traditions, la diplomatie, la découverte et l’harmonie.

Son peuple est heureux, en bonne santé et prospère. Les relations diplomatiques sont globalement correctes hormis avec un peuple fanatique et religieux, qui a déjà subi une sévère défaite lors d’une tentative d’invasion de 3 secteurs proches de leur frontière avec un cassius belli peu avisée. Il faut dire que la nouvelle flotte de Croiseurs équipée d’armement quantique n’a laissé aucune chance à la flotte ennemie. 9 ans plus tard, après une réélection Juliette mourut d’une mort paisible à 109 ans. Son héritage sera utile car l’humanité va entrer dans une phase supérieure…

Stellaris peut se découper en plusieurs phases. la phase d’expansion/découverte est la première, la seconde est la phase de maintien car les mécaniques du jeu sont presque toutes là et votre tâche devient plus complexe et intéressante. Entre gérer le chômage sur des planètes fortement robotisées, de pirates réalisant des raids sur vos avant-postes les plus éloignés ou simplement les autres empires qui deviennent des fédérations avec pour seul objectif de vous anéantir, vous ne savez plus où donner de la tête !

Puis subitement vous maîtrisez la possibilité d’utiliser des trous de ver, ce qui était une gestion “local” devient une gestion global et sur les tailles de galaxies à 600 étoiles cela devient gargantuesque !

Stellaris pour ça est très bien équilibré car du début à la fin on ne s’ennuie jamais, il y a toujours quelque chose à faire.

...Pour les accros aux 4X

En début de cette critique, sous forme de petites histoires, j’ai mis en avant les événements aléatoires du jeu, ces derniers donnent vraiment une profondeur au jeu et c’est vraiment dommage que, par la suite cela devienne anecdotique. On enchaîne les anomalies sans vraiment être aussi intéressés, à quelques exceptions près (comme l’organisme qui se développe tellement vite qu’il devient une nouvelle civilisation en quelques décennies !).

Mais le principe de choix à conséquence est toujours aussi prenant et on prend plaisir à peser le pour et le contre avant de valider. Alors bien sur, Stellaris n’est pas pour toute les mains. Sa complexité, son austérité et sa jouabilité au pad en rebutera beaucoup.

Techniquement aussi, les aficionados salueront le joli habillage, le zoom puissant permettant d’être au plus près des batailles et sa bande-son sublime (un vrai point fort vu les heures que l’on passe dessus). Les autres pourront être rebutés par la quantité parfois astronomiques d’informations pour au final jouer sur un écran presque statique.

Ne croyez pas que ceci résume Stellaris, c’est un grand jeu qui permet de créer des moments intenses (l’éveil des empires déchus, à la puissance démesuré) de plaisir et/ou de satisfaction (capturer le monde natal d’un ennemi grâce à un trou de ver, de ravager son empire et de le voir capituler avant même que sa flotte puisse être à portée). C’est un jeu pour initier, un peu comme un grand cru, qui a l’incroyable capacité de courber l’espace temps. Y jouer vous fera souvent dire “quoi ? il est déjà si tard ?!”

Bons points

Bons Points Créer son empire comme on le souhaite : Plutôt Klingon ou Starfleet ?

Bons Points Richesse incroyable du jeu, tant dans le texte que dans le contenu

Bons Points Une BO superbe

Bons Points Des civilisations réellement différentes, au gameplay parfois original

Mauvais points

Mauvais Points De gros efforts pour jouer au pad mais compliqué à haut niveau

Mauvais Points Manque d'événements aléatoires de haut niveau passé l’an 2300

Mauvais Points Gestion des guerres complexes et parfois pas vraiment logique (notamment sur la lassitude)

Mauvais Points Très compliqué pour débuter dans les 4X, le jeu est conçu pour les adeptes confirmés

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