TEST31/05/2015

The Witcher 3, le monde ouvert qui déborde

Un monde immense et vivant, seul l'inventaire traîne un peu la patte

CD Projekt RED signe un RPG généreux, beau et bien écrit, que seuls un inventaire lourd et quelques bugs viennent freiner.

VERDICT SPIRITGAMER

Claque

19/20

CD Projekt RED tient la promesse la plus difficile du monde ouvert : un terrain immense où rien ne sonne creux. Des combats qui se préparent, des choix qui pèsent, une écriture adulte, et un jeu complet dès sa sortie, sans morceaux revendus à part.

Points forts

  • Un univers adulte et bien écrit
  • Une carte immense et jamais vide
  • Une bande-son superbe

Points faibles

  • Une IA ennemie un peu juste
  • Un inventaire lent à manier
  • Quelques bugs d'affichage isolés
Par

La Redaction SpiritGamer

Rédacteur chez SpiritGamer

The Witcher 3 : Wild Hunt est sorti le 19 mai 2015 sur PC, PS4 et Xbox One. CD Projekt RED y referme la trilogie de Geralt de Riv, et on l’a testé sur PC. Le studio promettait un monde immense et vivant. Il tient parole.

Un Sorceleur, deux épées et beaucoup de travail

Geralt est un sorceleur : un chasseur de monstres qui se fait payer pour débarrasser la lande de ce qui terrorise les villages. Il porte deux épées, et ce n’est pas pour la frime. L’acier règle son compte aux bandits, aux loups et aux ours. L’argent est réservé aux monstres, et il y a du monde au portillon.

L’histoire démarre à Kaer Morhen, la forteresse des sorceleurs. Ciri, l’ancienne apprentie de Geralt, qu’il considère comme sa fille, porte le « sang ancien » et les pouvoirs qui vont avec. La Chasse sauvage la traque pour s’en emparer. Geralt part à sa recherche, dans une enquête pleine de mythes et de rebondissements qui l’envoie aux quatre coins du monde. On n’en dira pas plus.

L’ambiance fait le reste. Tavernes où le cochon tourne sur la broche, châteaux fortifiés, forêts sombres qui sentent la magie : le médiéval fantastique est là en entier, et les personnages collent toujours à cet univers sans jamais sonner faux. Geralt, lui, a un charisme qui n’a rien à envier au Master Chief ou au commandant Shepard.

Des combats qui se préparent

Le système tient en peu de touches : une attaque rapide, une attaque puissante, un bouton pour lancer l’un des cinq signes du sorceleur, un autre pour l’arbalète ou les bombes. Le jeu choisit seul l’épée adaptée à l’ennemi, et une roue de sélection s’ouvre en plein combat pour changer d’approche.

Chaque monstre a ses forces et ses faiblesses. Il faut parfois plusieurs essais pour lire ses attaques, apprendre à parer et à esquiver, et venir préparé : potions de vision nocturne ou de soin à préparer soi-même par l’alchimie, huiles à passer sur la lame contre une famille de monstres précise. Armes et armures, elles, se fabriquent chez le forgeron à partir de plans. Et un groupe d’ennemis plus faibles que soi reste souvent plus dangereux qu’un seul adversaire costaud.

Toujours une raison de ramasser

Toute cette préparation se paie en cueillette. Plantes, nourriture, livres, restes de monstres, contenu des coffres et des tonneaux : tout sert, surtout dans la première moitié de l’aventure. Les sens de sorceleur, sur la gâchette gauche, font ressortir ce qui se ramasse autour de Geralt, et la chasse aux composants devient un jeu en soi.

Le revers, c’est l’inventaire. Il a un poids maximum, qu’on repousse en achetant de plus grandes sacoches pour Ablette, et son interface manque de rapidité. Rien de grave, mais on y passe du temps. Côté progression, les niveaux débloquent un arbre de compétences et l’accès à de meilleurs équipements, comme le veut la tradition du genre.

Une carte pleine à craquer

Le monde est immense, et c’est là que The Witcher 3 frappe le plus fort. Difficile de faire deux cents mètres sans tomber sur un camp de bandits, un nid de monstres, un trésor gardé ou une grotte. Chaque région a son propre style, brumeuse ici, montagneuse là, et aucune ne sonne creux entre deux villages.

Ces détours mènent presque toujours à une quête. Les missions principales laissent parfois choisir l’ordre des étapes, et les dialogues comptent : certaines décisions pèsent lourd bien plus tard. S’ajoutent les quêtes secondaires pour aider des amis ou de simples villageois, les contrats de chasse affichés sur les panneaux des bourgades, les chasses au trésor qui mènent aux équipements des écoles de sorceleurs, les courses à pied et à cheval, et le Gwynt, un jeu de cartes complet dont on ne décroche plus.

Pour traverser tout ça, Ablette galope, les bateaux relient les îles, et le voyage rapide passe par les panneaux indicateurs de chaque lieu déjà visité. Le bestiaire suit la même générosité : loups, ours bâtis comme des chars, griffons, wyvernes, vampires, trolls, spectres. On croise tellement de créatures différentes qu’on se croirait dans un Pokémon médiéval.

Des voix et une musique à la hauteur

Le doublage tient sur des centaines de personnages, enfants, femmes, hommes et monstres compris, et il reste crédible du début à la fin. Le vocabulaire est cru et colle à l’époque. La bande-son, avec ses sonorités nordiques et ses voix féminines, prend peu de risques, mais on imagine mal autre chose dans cet univers. C’est une des plus belles qu’on ait entendues dans un jeu.

À savoir avant de lancer une partie en famille : The Witcher 3 ne retient rien. Démembrements, décapitations et scènes de sexe explicites font partie du voyage. Mieux vaut éviter d’y jouer quand les enfants ou les beaux-parents sont dans le salon.

Beau, et presque sans accroc

Vu la taille des cartes et la quantité de détails à afficher, on pouvait craindre le pire. Le résultat est beau, clair, coloré et fluide, avec presque aucun temps de chargement. Il nous est arrivé, en de très rares occasions, de croiser des bugs, des retards d’affichage et quelques ralentissements en combat. Des cas isolés, qui pèsent peu face au travail fourni.

The Witcher 3 : on fonce ou on attend ?

On fonce. The Witcher 3 est un jeu fini et généreux, sans contenu découpé pour être revendu, et CD Projekt RED ajoute même une série de petits DLC gratuits dans les semaines qui suivent la sortie. Il faut seulement accepter sa violence et son contenu adulte. Et pour qui veut prolonger l’aventure, tout vient de la saga du Sorceleur, les romans d’Andrzej Sapkowski.

EN PRATIQUE

Pour vous décider

Plateforme testéePC
Version / buildSur PC, en solo, version de lancement, mai 2015
Plateformes
Pour qui ?Pour tous les amateurs de RPG, à condition d'accepter sa violence et son contenu adulte.