Partagez :
   Temps de lecture :  2 minutes

Dix ans d’attente… pour retrouver les mêmes monstres (ou presque)

Killing Floor 3 a enfin pointé le bout de son canon, presque dix ans après Killing Floor 2. Autant dire que le marché multijoueur a eu le temps de muter plus vite qu’un Zed sous stéroïdes. Tripwire Interactive en est bien conscient : plutôt que d’offrir un festin complet dès le départ, le studio nous sert une formule typiquement « live-service », comprenez un menu un peu maigre pour le lancement, avec la promesse de plats plus copieux dans les années à venir.

Mais rassurez-vous : les Zeds n’ont pas pris leur retraite. Toujours aussi hargneux, toujours aussi laids, ils reviennent en vagues infinies pour vous grignoter la cervelle dans un futur encore plus sombre, celui de 2091, où l’humanité ressemble plus à une espèce en voie de disparition qu’à une force de résistance crédible.

Un monde futuriste… qui reste un prétexte à la boucherie

Soyons honnêtes : si vous attendiez un scénario travaillé, rangez vos espoirs avec vos cartouches vides. Certes, Nightfall – l’organisation de braves survivants – tente de mettre fin aux usines d’Horzine, qui produisent des mutants comme d’autres produisent des boîtes de conserve. Mais cette trame est surtout un alibi. Tripwire le sait : ce que les joueurs veulent, c’est du sang, du métal et des vagues de Zeds à transformer en bouillie.

Les environnements se veulent plus futuristes, industriels et mécaniques, mais au fond… tant que ça grouille de monstres, qui va se plaindre ?

Six classes, huit cartes et beaucoup de tripes à ramasser

Killing Floor 3 propose un unique mode jouable en solo (hors ligne) ou en coopération jusqu’à six joueurs. Le contenu de base : six classes, huit cartes (plus vastes que dans l’épisode précédent) et quelques nouveautés comme des tyroliennes ou des tourelles automatiques.

Tripwire a déjà prévu une feuille de route post-lancement : un spécialiste et une nouvelle carte avant la fin de l’année, puis deux environnements supplémentaires pour 2026. Bref, Killing Floor 3 est pensé pour durer, quitte à demander aux joueurs d’attendre un peu avant d’avoir un vrai buffet.

Chaque classe progresse jusqu’au niveau 30 avec des choix de compétences (passifs, gadgets, consommables), permettant de créer des builds spécialisés. On retrouve aussi un système de craft pour booster les armes : plus de munitions, plus de cadence, plus de dégâts. Mais attention, chaque classe reste confinée à ses propres jouets, donc pas question de partager vos améliorations.

Les classes : entre gros flingues et ninja en pyjama noir

Les six archétypes offrent des styles de jeu variés :

  • Commando : l’équilibriste armé de fusils d’assaut, capable d’appeler un drone lourdement armé.
  • Firebug : le pyromane officiel, qui pense que tout problème se règle par un joli brasier.
  • Engineer : maître des gadgets et des fusils à pompe, il explose tout avec ses charges soniques.
  • Sharpshooter : le sniper qui transforme les têtes en feux d’artifice.
  • Ninja : parce qu’un sabre et un grappin, c’est encore plus subtil qu’un lance-roquettes.
  • Medic : indispensable pour sauver vos coéquipiers trop occupés à jouer les héros.

Face à eux, trois boss bien gratinés : l’Empaleur (qui a littéralement une lame plantée dans le crâne), la Chimère (capable d’invoquer des insectes dégueulasses) et la Reine Rampante (un cafard XXL qui court plus vite qu’un sprinteur olympique).

Toujours le même mode… et c’est peut-être ça le problème

Le gameplay repose sur une boucle simple : cinq vagues de Zeds, une pause pour acheter du matos, et un boss final à la fin. Le tout fonctionne, mais rien n’a fondamentalement changé depuis Killing Floor 2.

C’est efficace, certes, mais les joueurs vétérans risquent de ressentir une certaine lassitude. Après quelques heures, vous aurez déjà vu l’essentiel, et l’équilibrage des armes n’aide pas : une fois votre arme préférée optimisée, difficile de justifier l’usage des autres.

Une technique sanglante, mais pas toujours inspirée

Sous Unreal Engine 5, Killing Floor 3 affiche des progrès notables :

  • La technologie MEAT, toujours plus gore, permet de découper les Zeds au millimètre près.
  • Les reflets Lumen apportent de la profondeur aux environnements.
  • Les animations et la variété des créatures ont gagné en fluidité et en cohérence.

Mais attention, tout n’est pas parfait : certains décors recyclés donnent un air de déjà-vu, et les personnages humains manquent de charisme visuel. Heureusement, les hordes et les boss rattrapent le tout par leur intensité. Quant à la bande-son, elle reste une valeur sûre, dopant chaque séquence avec une énergie brute.

NOTRE AVIS

14
20

Killing Floor 3 ne trahit pas son ADN : il est brutal, coopératif et furieusement jouissif à plusieurs. Mais il se contente trop souvent de recycler les acquis, sans offrir d’évolution marquante. On se retrouve donc avec un FPS solide, mais qui donne parfois l’impression d’acheter une early access déguisée. Si vous cherchez un défouloir multijoueur où les tripes tapissent le sol en moins de deux minutes, foncez sans hésiter. Mais si vous espériez une véritable révolution dans la saga, vous risquez de sentir l’odeur de viande réchauffée.

Yakudark

BONS POINTS

  • La formule Killing Floor reste incroyablement efficace.
  • Le mode coopératif est un régal, surtout en cross-play.
  • Des classes bien différenciées, avec des ennemis toujours réussis.

MAUVAIS POINTS

  • Un contenu de départ trop limité, approche « service live ».
  • Un équilibrage des armes clairement à revoir.
  • Un cruel manque de nouveautés marquantes.

Vidéos liées

Images liées

VOS AVIS

Il n'y a pas de commentaires pour le moment. Soyez le premier à participer !

DONNEZ-NOUS VOTRE AVIS

SUIVEZ-NOUS SUR LES RÉSEAUX