Les origines revisitées
L’histoire débute dans un futur proche, où Bruce Wayne, vieilli et isolé, replonge dans ses souvenirs pour retracer les étapes majeures de sa vie de justicier. Des années 1950 à la Gotham de 2030, Dark Age revisite la naissance du mythe à travers les yeux d’un homme marqué par ses choix. Les crimes, les pertes et les doutes sont ici plus intimes, plus humains. Ce retour aux sources ne cherche pas à glorifier le héros, mais à comprendre la genèse de sa détermination et les cicatrices qu’elle a laissées.
Russell mêle ainsi chronique personnelle et fresque sociale, ancrant son récit dans une époque changeante, où les idéaux de justice et de vengeance se confondent. Loin du symbole infaillible, le lecteur découvre un Batman faillible, vulnérable, rongé par le poids du temps et de la mémoire.
Un style graphique singulier
Le travail artistique de Mike Allred, sublimé par les couleurs de Laura Allred, donne à Dark Age une identité visuelle unique. Les aplats colorés, les lignes rétro et le dynamisme des compositions évoquent l’âge d’or des comics tout en y apportant une touche moderne. Le contraste entre cette esthétique pop et la gravité du récit renforce l’impact émotionnel.
Le résultat est un Batman presque psychédélique, évoluant dans une Gotham stylisée mais mélancolique. Ce choix audacieux fonctionne à merveille : il accentue la distance entre le souvenir et la réalité, comme si chaque case devenait un fragment de mémoire. L’univers d’Allred, rarement associé au Chevalier Noir, parvient à rendre tangible le passage du temps et la fragilité du héros.


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