Mourir, c’est déjà pas très agréable.
Mais mourir… encore et encore, en récupérant un nouveau pouvoir à chaque fois ? Là, on entre dans un concept qui ferait passer un abonnement Netflix pour quelque chose de stable.

Avec Resurrection Man, Ram V propose un récit qui ne cherche pas à sauver le monde à coups de lasers verts, mais plutôt à explorer une question simple :
qu’est-ce qu’il reste de toi quand tu ne peux jamais vraiment mourir ?

Ambiance : sombre, introspective… et délicieusement étrange.

 

Caractéristiques

  • Pages : 176
  • Format :  cartonné
  • Auteur: Ram V
  • Couleurs: Mike Spicer
  • Dessin et encrage : Anand RK, Jackson Guice et Mike Perkins 
  • Traduction : Basile Béguerie 
 

Développement de l’histoire

Mourir, renaître… recommencer

Mitch Shelley, alias Resurrection Man, possède un pouvoir assez particulier :
👉 chaque fois qu’il meurt… il revient à la vie
👉 avec une nouvelle capacité différente à chaque résurrection

Pratique.
Terrifiant.
Et surtout : profondément instable.

Le récit s’ouvre sur un Mitch déjà fatigué de ce cycle. Pas physiquement — parce que bon, mourir ça remet les compteurs à zéro — mais mentalement.

👉 Combien de fois peut-on mourir avant de ne plus savoir qui on est ?


Une quête d’identité plutôt qu’un combat classique

Contrairement à un comics de super-héros classique, ici :
👉 le vrai enjeu n’est pas “vaincre un méchant”
👉 mais comprendre ce qu’on est devenu

Mitch traverse différentes situations, différentes morts, différentes versions de lui-même.
Chaque résurrection est presque un nouveau chapitre philosophique.

Et évidemment, tout n’est pas laissé au hasard.

Une présence… qui observe

Très vite, on comprend que Mitch n’est pas seul dans cette histoire.

👉 quelque chose (ou quelqu’un) semble suivre son parcours
👉 manipuler certains événements
👉 observer ses morts comme des expériences

Et là, le récit prend une tournure beaucoup plus dérangeante.

On n’est plus dans un simple cycle de renaissance…
mais dans une logique presque cosmique, voire métaphysique.


Une ambiance lourde, presque hypnotique

Le scénario de Ram V joue énormément sur :

  • le silence
  • les ellipses
  • les non-dits

Certaines scènes donnent l’impression d’un rêve… ou d’un souvenir qui ne tient pas debout.

👉 On ne comprend pas toujours tout immédiatement
👉 mais on ressent tout

Et c’est clairement voulu.


Une montée en tension… intérieure

Contrairement à un récit explosif, ici la tension est :

👉 psychologique
👉 existentielle
👉 presque intime

Chaque mort rapproche Mitch d’une vérité…
mais aussi d’une forme de perte.

Parce que si tu changes à chaque résurrection…
👉 es-tu encore la même personne ?


Critique

Un scénario brillant… mais exigeant

Ram V livre un récit dense, poétique et parfois déroutant.

✔️ profond
✔️ original
✔️ intelligent

Mais :
❌ pas toujours accessible
❌ demande de l’attention
❌ peut perdre les lecteurs qui cherchent de l’action pure

C’est un comics qui se lit… mais surtout qui se ressent.

Une partie graphique à plusieurs voix

  • Anand RK propose un style presque onirique, très marquant
  • Jackson Guice apporte une base plus classique
  • Mike Perkins renforce le côté sombre et réaliste

👉 Le mélange fonctionne étonnamment bien
👉 même si les transitions peuvent surprendre


La couleur : Mike Spicer en mode ambiance

Mike Spicer fait un travail essentiel :

  • palettes sombres
  • contrastes maîtrisés
  • atmosphère pesante

C’est lui qui donne cette sensation de monde instable et étrange.

Focus sur les créateurs

Ram V

Auteur en pleine montée chez DC et Marvel (Swamp Thing, Venom, Detective Comics).
Connu pour ses récits introspectifs et poétiques.
Ici, il est clairement dans son terrain de jeu.


Anand RK

Artiste au style unique, presque expérimental (Blue in Green).
Apporte une vraie identité visuelle au récit.


Jackson Guice

Vétéran ayant travaillé sur Superman, Captain America.
Un style plus classique qui sert de repère.


Mike Perkins

Connu pour The Swamp Thing, Captain America.
Parfait pour les ambiances sombres et réalistes.


Mike Spicer

Coloriste incontournable (Batman, Murder Falcon).
Maîtrise totale des ambiances.


Basile Béguerie

Traducteur chez Urban Comics.
Ici, il réussit à conserver la poésie et la complexité du texte original — et ce n’était pas gagné.


Conclusion

Resurrection Man, ce n’est pas un comics de super-héros classique.

👉 c’est une réflexion sur l’identité
👉 un voyage étrange entre vie et mort
👉 une expérience plus qu’une simple lecture


Verdict

✔️ Concept brillant
✔️ Ambiance unique
✔️ Écriture intelligente

❌ Narration parfois floue
❌ Peu accessible
❌ Pas pour les amateurs d’action pure


Note : 8/10

Un comics fascinant, exigeant…
et qui te hante un peu après l’avoir refermé.

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