Caractéristiques
- Scénario : Mark Waid
- Dessin : Bryan Hitch
- Couleurs : David Baron
- Date de parution : 6 février 2026

Caractéristiques
Lex Luthor est condamné.
Non pas par Superman.
Par lui-même.
C’est là toute la force de Les derniers jours de Lex Luthor : le point de départ est presque intime. Pas de menace cosmique immédiate, pas d’invasion, pas de chaos. Juste un homme, brillant, orgueilleux, qui se sait mourir — et qui demande de l’aide à celui qu’il a passé sa vie à vouloir détruire.
Et immédiatement, une question s’impose :
Superman peut-il sauver quelqu’un qui refuse d’être sauvé ?
On sent dès les premières pages la patte de Mark Waid. Ce n’est pas un auteur qui écrit des super-héros comme des figures abstraites. Il les écrit comme des symboles traversés par des failles.
Waid n’en est pas à son premier dialogue avec l’icône kryptonienne. Depuis des décennies, il explore la dimension morale du mythe super-héroïque. Ce qui le distingue, c’est sa capacité à replacer la grandeur dans l’intime.
Ici, il ne cherche pas à humilier Lex. Il ne le caricature pas. Il le rend tragique.
Et face à lui, Superman n’est pas naïf. Il est fidèle à ce qu’il est : un homme qui choisit d’aider, même quand cela semble absurde.
Ce récit est moins une confrontation qu’un miroir.
Deux visions du monde. Deux orgueils. Deux solitudes.
Et c’est là que l’émotion s’installe.
Le dessin de Bryan Hitch apporte une ampleur presque cinématographique au récit. On connaît son sens du spectaculaire, ses compositions larges, sa capacité à donner une échelle monumentale aux scènes d’action.
Mais ici, ce qui frappe le plus, ce sont les regards.
Les silences.
Les visages.
Hitch ralentit parfois le rythme. Il laisse respirer les cases. Il installe des pauses. Et dans ces pauses, on sent le poids des années d’affrontement entre Clark et Lex.
Il y a une forme de gravité dans son trait, quelque chose de presque solennel.
Ce n’est pas un Superman flamboyant. C’est un Superman réfléchi.
La couleur de David Baron joue un rôle essentiel dans l’atmosphère. Elle n’est jamais tapageuse. Elle accompagne l’émotion.
Les teintes froides dominent dans les moments de doute. Les lumières plus chaudes apparaissent dans les instants d’espoir ou d’humanité. Rien n’est laissé au hasard.
Baron, qui a souvent travaillé sur des récits à forte dimension dramatique, comprend ici que la couleur doit soutenir le dilemme moral plutôt que l’action.
Le résultat est subtil, presque feutré.
Et ça fonctionne.
Au-delà de l’intrigue, ce récit parle de :
Mais surtout, il parle de la constance de Superman.
Il est facile d’être héroïque face à un monstre.
Il est beaucoup plus difficile d’être héroïque face à quelqu’un qui vous hait.
C’est là que le livre touche quelque chose de plus profond.
Publié chez Urban Comics dans une édition soignée, ce volume s’inscrit dans une ligne éditoriale plus mature, plus introspective. Ce n’est pas une lecture explosive. Ce n’est pas un blockbuster graphique permanent.
C’est une histoire de confrontation intérieure.
Et c’est peut-être ce qui la rend plus durable.
Superman – Les derniers jours de Lex Luthor n’est pas un récit spectaculaire pour le simple plaisir du spectaculaire. C’est une méditation sur la rivalité, sur la fin, et sur ce qui reste quand tout s’effondre.
Il ne cherche pas à réinventer Superman.
Il cherche à rappeler pourquoi il compte.
Et parfois, c’est encore plus fort.

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