Age of Wonders: Planetfall

Les 4X ont le vent en poupe en ce moment sur consoles et c’est tant mieux ! Après Surviving Mars et Endless Space, voici Age of Wonders qui vous propose presque 2 jeux en un.

Sur les ruines de l’Empire

Vous êtes un fier commandant de l’avant-garde de l’Empire, en mission sur une Dinos Minerva, une lointaine colonie. Vous exécutez les ordres avec brio quand, au moment de partir, une puissante vague d’énergie traverse la planète et parasite l’espace environnant vous obligeant à passer le voyage de retour en cryo-stase. 197 de voyage en « pause » vers votre point de départ, la planète Leave-6.

Une fois réveillé vous êtes surpris de ne pas recevoir de comité d’accueil, ni aucune communication d’aucune sorte. En atterrissant vous constatez avec effroi que votre monde paradisiaque est devenu un désert radioactif ou les maigres survivants se battent pour le peu de ressources viable. En effet cette vague d’énergie a complètement déstabilisé votre si cher Empire au point qu’il a disparu !

Cette brève introduction résume le contexte du didacticiel et de la première mission avec la faction Avant-Garde (humains), histoire de vous mettre dans le bain. Age of Wonders est une saga datant de 1999, plus orienté heroïc fantasy au travers de ses 3 épisodes canoniques. Réalisé par Triumph Studios, cette itération prend le pas de l’univers futuriste en proposant plusieurs factions au gameplay complètement différents.

Si l’Avant-Garde correspond à la faction la plus équilibrée et « simple » à prendre en main, les Kor’ki (anciens esclaves de l’empire ayant pris leur indépendance) fonctionnent eux en ruche avec une forte interactions entres eux. Les Amazones correspondent plus à de puissantes unités à distances dotés de pouvoirs permettant d’aveugler ou de fortement gêner l’ennemi. 6 factions au total sont disponibles dans Age of Wonders au sein de la campagne vous permettant de jouer ces dernières à tour de rôle.

Un 4x croisé avec un STR

Sous ce titre un peu trop composé d’acronymes se cache les deux principaux axes de gameplay du jeu. Que ce soit via le mode campagne ou le mode scénario (seul ou en multijoueur), chaque espace de jeu (ou planète) différencié par son environnement et sa configuration (taille, pourcentage d’eau, etc..) est entièrement paramétrables. Dans le mode scénario vous pourrez même créer vos propres héros, que ce soit tant au niveau compétences qu’au niveau du physique.

Mais la vraie richesse d’Ages of Wonders Planetfall c’est (comme tout 4X qui se respecte bien sûr) se passe pendant une partie. Vous commencez avec une ville et dès le début vous devez choisir l’axe qui prendra cette dernière. Recherche, Nourriture, Energie ou Industrie ? Chaque construction ou unités se fait en un certain nombre de tours, et rapidement vous pourrez construire des colonisateurs pour étendre votre territoire. Après un certain nombre de nouveaux colons dans votre ville vous aurez la possibilité d’annexer une région limitrophe à votre ville, permettant de développer encore votre agriculture, recherche, énergie ou industrie via des complexes dédiés.

Que ce soit en campagne ou en scénario d’autres factions seront aussi présentes et vous devrez créer des discussions diplomatiques avec eux. De petites factions seront aussi de la partie et auront une réelle influence sur le jeu. D’une part parce qu’elles vous proposeront des quêtes à réaliser dans un temps limité (augmentant votre influence auprès d’eux) mais également une forme de commerce en dépensant des points d’influences contre des technologies, unités voir l’intégration de leurs villes dans votre « empire » !

Chaque faction a ses propres besoins et une façon unique d’évoluer, il faut donc bien apprendre les différents rouages pour chaque race, et cela prend un peu de temps.

Entièrement personnalisable

Age of Wonders n’est pas fait pour les débutants, et c’est son premier défaut. Sa complexité (ou richesse pour les habitués) risque de faire peur. Car sa richesse pousse jusqu’à la possibilité de personnaliser chaque unité et chaque héros. Via les arbres de technologies, découpés en deux sections (Militaire et Sociale) vous développerez des modules qui changeront certains aspects des unités mais également leur coût. Attention donc à ne pas trop renforcer vos troupes car leur prix nécessitera trop de ressources rares !

Heureusement Triumph a pensé à tout via des menus assez ergonomiques, notamment un menu radial regroupant les opérations, personnalisation, diplomatie, etc… Tout se fait naturellement (le didacticiel est fortement recommandé), et c’est indispensable tant les parties peuvent être chronophages.

Car Age of Wonders propose une IA assez intelligente et des interactions diplomatiques pour une fois utile. Couplées aux différentes façons de réussir une mission de campagne (qui influence d’ailleurs la suite des événements) vous pouvez très bien réaliser un objectif, et donc gagner une partie sans tirer un seul coup de feu (ou de laser, ou de bile acide… bref vous avez compris).

Dernier aspect intéressant, les héros. Dans le mode campagne hormis le héros de la faction, vous aurez l’opportunité de recruter d’autres personnages puissants, chacun d’entre eux prendra le commandement de 6 unités maximum. Le coté stratégique est de bien réfléchir lors de la création de votre « armée » et surtout de la suivre, car le monde évolue en même temps que vous, et des indépendants (équivalent des barbares dans Civilization) n’hésiterons pas à vous attaquer, et ce sans sommation.

Des combats à la X-COM

Chaque héros peut être personnalisé tant dans son équipement (une arme principale et une secondaire), ainsi que 3 modules. Vos héros peuvent monter de niveau et gagner des points de compétences. Encore une fois chaque type de héros aura son arbre de compétences spécifiques avec suffisamment de choix pour faire ce que vous voulez.

L’autre aspect intéressant d’Age of Wonders est la possibilité de manier vos troupes lors des combats. Habituellement dans un 4X, vous êtes plutôt passif et après estimation de la puissance de vos ennemis vous attaquez ou non. Ici vous pouvez prendre la main et gérez vos troupes dans un combat au tour par tour comme un STR.

Reprenant les mécanismes simplifiés des X-COM (par exemple), chaque camp joue chacun son tour dans une zone composé de bâtiments ou protection naturelle (destructible ou non) avec dénivelé. Dans un combat risqué, si vous la faite de manière automatique vous pouvez très bien gagner en sacrifiant la quasi-totalité de vos troupes ou le faire manuellement et vaincre sans perdre personne !

Vous pouvez jouer avec les protections (et donc réduire le pourcentage pour être touché), utiliser les compétences spéciales de vos troupes plus judicieusement et utiliser le terrain à votre avantage. Intéressant dans des cas spécifiques, sur l’ensemble d’une partie vous privilégierez le combat automatique par souci de gain de temps.

Malheureusement, même si cela reste un peu logique, la ressemblance avec X-COM s’arrête là. Les combats n’auront jamais la profondeur tactique et l’ascenseur émotionnelle rencontré à chaque validation. Maintenant il garde les mêmes défauts. Pas de possibilités d’annuler un déplacement ainsi qu’une forte injustice sur les pourcentages d’attaque (vous le sentez vous aussi le 90% qui rate ?).

Techniquement au point

Graphiquement parlant Age of Wonders est très coloré, la palette de couleur est assez flashy par moment, cela dérangera certains. Personnellement je trouve que cela ajoute du cachet à cette galaxie très futuriste. Chaque race a un thème bien distincts sur ses unités et après quelques heures de jeux on arrive à les reconnaître à l’œil. Mention spéciale sur le travail effectué sur les factions mineures (notamment les « poissons psy ») qui sont aussi travaillées que les factions principales.

Enfin il faut noter que hormis le chargement au démarrage du jeu, les temps de chargement sont vraiment très courts (moins de 10 secondes pour charger sa partie par exemple avec ma version dématérialisée).  Même chose sur les sessions où la carte est énorme avec pleins de joueurs, l’ensemble reste très fluide (sur Xbox One X, support de ce test). Bref rien à redire sur ce point.

Par son originalité, son souci du détail et sa traduction bien réalisée, Age of Wonders est un 4X solide sur console qui a le mérite de ne pas regretter d’avoir un pc pour jouer à ce type de jeu, pourtant typiquement PC. Il lui manque un je-ne-sais-quoi pour le rendre génial. Peut-être un peu plus de folie dans ses unités ou le manque de situations épiques. En tout cas il saura occuper de très longues heures avec plaisir et réflexion, voire des semaines si vous voulez voir tous les aspects du produit. Amateur de 4X, Age of Wonders : Planetfall vous attends !

Pseudo :

Rôliste, Metalleux et jouant aux jeux vidéos depuis trop longtemps pour le chiffrer, je reste passionné par ce média, particulièrement les RPGs sur lesquels je me suis bâti une solide expérience. Chez moi pas de préférence. Ce sont les jeux qui font la console et pas l'inverse !

Playstation Lucian_Blight

Succés XBox Lucian Blight

A propos de ce test

Jeu fourni par : Paradox Interactive

Testé sur : Xbox One X

Bons points

Bons Points 6 factions réellement différentes

Bons Points Techniquement au point

Bons Points Une campagne intéressante avec des choix scénaristiques

Bons Points Des combats à la XCOM…

Mauvais points

Mauvais Points … manquant de profondeur, dommage

Mauvais Points Manque d’un coté épique lors des batailles

Mauvais Points Le fond sonore est bien trop léger

commentaires

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.