Anthem

Après une démo VIP qui a partiellement convaincu en raison de divers problèmes d’accès et une démo publique plus réussi, Anthem débarque pour de bon et va pouvoir enfin répondre aux nombreuses interrogations et craintes des joueurs. Bioware a-t-il réussi là où nombre ont échoué ? La réponse dans ce test !

Un monde violent

La monde d’Anthem est brut, sauvage. Les Démiurges, race ou divinité ayant crée ce dernier ont laissé toute une série d’artefacts et de ruines montrant leur ancienne puissance. Les nombreuses reliques de ces derniers permettent de manipuler l’Hymne, sorte de puissance créatrice et destructrice ayant la capacité de modifier profondément le monde.

Ce dernier est instable, et les humains tentent de survivre via des villes puissamment fortifiées mais également des Freelancers, sorte de mercenaires ayant pour objectif de servir la population en la protégeant et en s’aventurant au-delà des murs. Vous êtes l’un d’entres eux, une jeune recrue qui va devoir, comme première mission combattre un cataclysme. Malheureusement cette mission va très mal se passer et vous serez l’un des rares survivants.

Ce fiasco aura d’énormes répercutions pour les Freelancers. Jusque-là adulés comme des héros, ils sont désormais considérés comme peu fiables et boudés par la population. Vous qui crouliez sous les contrats vous avez, aujourd’hui un mal fou à survivre et à entretenir votre Javelin. Alors que la journée allait ressembler à toutes les autres, Tassyn, un agent de Corvus vous propose un contrat. Vous l’acceptez presque sans réfléchir et votre destin, ainsi que celui de tous les habitants de Fort Tarsis en sera profondément changé…

Sous cette introduction assez longue se cache en réalité les deux premières missions du jeu, les seules d’ailleurs qui ne peuvent être faite qu’en solo. Cela donne un bon aperçu sur la richesse du jeu. Anthem vous propose une véritable histoire, intéressante avec de bon rebondissements et surtout une forte interaction avec les différents PNJs du fort. Comme la démo le montrait, vous pouvez parler entre chaque expédition avec différents PNJs et les écouter parler de leur problème. Par moment, un choix de réponse vous est proposé afin d’influencer votre interlocuteur.

Invincible ensemble

Cela peut paraître léger mais vos réponses auront des conséquences sur la vie de ces PNJs, un impact sur votre réputation mais également au Fort Tarsis. Anthem tourne autour de 3 factions, les Freelancers, les Arcanistes et les Sentinelles. Plus vous réalisez des missions plus votre réputation augmente. Gagner un palier vous permettra d’obtenir de nouveaux plans d’artisanats mais également des améliorations de confort au fort.

Le coté intéressant de ce système (classique pour un Bioware quand on regarde des jeux comme Dragon Age ou Mass Effect) est que vous êtes vraiment au cœur de la vie du fort, et l’ajout d’une statue au sous-sol ou votre cache qui grossit insuffle un plaisir qui motive à continuer. Anthem ne se résume pas qu’à cela. Le jeu s’articule sur un hub solo, le Fort Tarsis, un hub multijoueur (assez petit), le pont de lancement des Javelins. Ce dernier regroupe l’ensemble des marchands et aussi les autres joueurs. C’est dans ce hub que vous pouvez (comme le dit le didacticiel) admirer les autres Javelins ou partir rapidement en mission.

Les missions justement, se découpent en expéditions principales, liées à l’histoire du jeu, ces dernières sont fortement scénarisées, n’hésitant pas à casser un peu les codes employés par la concurrence en coupant la mission en deux, interposé par une cinématique assez longue. Cela peut perturber un peu les joueurs venant des Destiny par exemple mais, encore une fois, dans ce type de jeu où le scénario est secondaire (ou mal amené), cela montre que Bioware n’a pas sacrifié l’essence même qui a fait leur réputation.

Il y a ensuite les missions pour les Sentinelles, les contrats classiques ou les Arcanistes. Représentées par d’autres expéditions, elles permettent de redorer le blason des Freelancers. Les contrats sont aussi scénarisés mais cette fois de manière plus classique. Le double but étant de débloquer des avantages mais également de monter l’expérience de votre personnage.

Les Forteresses arrivent plus tard, la première se débloquant au niveau 10. Ce sont les donjons d’Anthem et elles proposent un challenge supérieur aux missions de base. Contrairement aux expéditions, les forteresses ne sont pas faisables seul (pour le moment). Assez longues lors de la première tentative, elles sont néanmoins très intéressantes à faire. Dommage qu’il n’y en ait que 3 à la sortie du jeu, cela reste trop peu.

Une claque technique

Enfin, vous avez également la possibilité de parcourir le monde d’Anthem en partie libre. Seul ou à 4 vous pourrez vous balader partout, ramasser des ressources, découvrir des entrées du cortex (une bibliothèque regroupant toutes les informations collectées en jeu), des coffres, etc… Durant votre promenade, des missions dynamiques seront disponibles avec des objectifs aléatoires (secourir des sentinelles, récupérer une relique, etc..). Rien de bien original pour le coup mais cela dynamise les trajets.

Bien évidemment le réel intérêt des parties libres est de découvrir tranquillement le monde, ce dernier pouvant offrir des découvertes à ceux qui prendront le temps de bien regarder partout. Le coté original de ce mode est la possibilité via certaines missions (comme celle des Épreuves) de passer vraiment beaucoup de temps à chercher, découvrir et en prendre plein les yeux.

Plein les yeux est encore un peu léger tellement Anthem est sublime techniquement parlant. Le gigantisme et la nature sauvage se mêlent parfaitement avec les ruines Démiurges ou encore les décharges des Scars. La capacité des Javelins de voler ajoute un coté magique que l’on profite pleinement dans ce mode. En effet, lors d’expéditions ou de forteresse, nous sommes intimement liés à la mission, et trop s’éloigner vous octroie d’un compte à rebours et d’un écran de chargement très (trop) long pour retrouver vos camarades. On passe donc notre temps à foncer vers l’objectif.

Cette qualité graphique a un prix. Sur Xbox One X la 4K est bien présente mais le framerate bloque à 30fps. La plupart du temps cela ne pose pas de problème mais lorsqu’un Colosse et un Tempête déclenche leur pouvoir ultime sur une dizaine d’ennemis, cela ralentit un peu. Même chose à Fort Tarsis, ou par moment le déplacement dans le marché saccade un peu. Rien de bien méchant.

Une personnalisation de longue haleine

Vous êtes un Freelancer, et par cette fonction vous avez la capacité de piloter un Javelin, une exo-armure doté de pouvoir. Contrairement aux autres jeux du même style, vous ne choisissez pas une classe au début du jeu. Dans Anthem le Javelin fait office de classe, et vous pouvez, à terme avoir les 4. Chaque Javelin peut être personnalisé au travers de ces 3 techniques actives mais également sur son look. Déjà dans la démo on pouvait ressentir le soin apporté pour équilibrer ces derniers au point que chaque Javelin a son propre gameplay, sa propre approche au combat.

De l’intercepteur, ultra rapide et dévastateur au corps-à-corps mais très fragile au Colosse qui ne s’embête pas avec un champ de force (mais une unique barre de vie) et remplace la possibilité d’esquiver par un bouclier réduisant fortement les dégâts, il absorbe jusqu’à ce qu’il soit détruit. (Rassurez-vous il revient vite). Le Tempête, véritable puissance arcanique brute et initiateur de combo élémentaire en finissant avec le Commando, couteau suisse à l’aise dans toutes les situations.

Chaque Javelin peut être orienté suivant les techniques équipées suivant vos préférences ou les besoins à la Forge (attention, impossible de le faire en mission). Cela peut changer drastiquement votre Javelin et c’est ce qui donne une vraie grande richesse de gameplay au jeu. A coté les armes semblent ternes et classique. Fusil à pompe, fusil d’assaut, sniper et pistolet, rien de bien excitant. Seul le Colosse propose un armement un peu plus sympa, mais rien d’exceptionnel. Espérons que Bioware s’améliore sur ce point.

Les équipements sont aussi classés par qualités allant jusqu’au Légendaire (comme les monstres d’ailleurs) et le craft est également présent. Les plans se débloquant en réalisant des missions, démontant du matériel ou augmentant votre réputation en faction. Vous vous en doutez Anthem sera une course à l’armement et le coté intéressant du jeu est que les loots sont instanciés, dans le sens où chaque joueur aura ses loots à son niveau. Vous pouvez donc jouer avec des amis plus bas niveau que vous sans être lésés. Malheureusement il n’y aura pas d’échange possible entre joueurs, c’était un avantage de The Division.

Une vraie belle surprise

Avec tout ce qui a été dit plus haut, on a déjà de quoi faire, mais c’était sans compter sur Bioware et sa volonté d’ajouter d’autres challenges. Chaque jour, semaine et mois vous avez des objectifs à réaliser. Ces derniers se couplent avec les points d’alliances. Ce système consiste, chaque semaine à faire monter votre niveau d’alliance en réalisant des missions et autres objectifs.

Le coté intéressant est que vos amis influencent cette dernière (et donc vous influencez la leur), mais également les autres joueurs avec qui vous jouez. Plus cette barre monte, plus la récompense à la fin est élevée. C’est assez malin et incite à jouer en groupe. Et pour vous faire plaisir dans la boutique du jeu (ou tout est achetable avec la monnaie du jeu d’ailleurs), cette dernière contenant des skins d’armures, emotes et autres objets esthétiques, il faudra farmer !

Anthem est riche, les missions sont nombreuses et la montée jusqu’au niveau maximum (30) ne se fait pas aussi rapidement qu’ailleurs. Une fois ce dernier atteint de nouveaux contrats légendaires et de nouvelles difficultés rendront le challenge beaucoup plus intéressants (les loots aussi) et obligera l’escouade à jouer plus finement pour réussir. Dommage que, pour le moment le contenu endgame soit plus limité que la concurrence.

Anthem n’est pas parfait, le matchmaking faisant par moment des choses bizarres on constate aussi l’impossibilité de refaire les précédentes missions une fois terminées (ou alors avec un joueur qui ne les a pas encore faites), et c’est dommage. Les forteresses qui sont trop peu nombreuses ou encore la personnalisation esthétique des Javelins, fortement markété, qui met du temps à arriver (et encore on est loin des possibilités de la démo) montre que le jeu a encore de quoi s’améliorer.

Les chargements sont aussi assez pénibles, long et nombreux. Cela casse un peu le rythme, surtout pour entrer dans une grotte. Quelques bugs sont aussi de la partie, comme un déclencheur de quête qui n’apparaît pas ou des membres de personnage qui disparaissent dans un mur pendant une discussion. Enfin j’ai pu subir 2/3 déconnexions de serveur. Cela reste léger me concernant mais Bioware va devoir travailler dur pour ne pas s’approcher du grand champion en la matière, Ubisoft, même si depuis le patch Day One, les crash du jeu sont plus nombreux.

Un diamant brut

Maintenant Anthem propose une vraie immersion dans un monde magnifique, gigantesque et racontant une belle histoire. Bioware a fait un bel effort sur la localisation et sur la qualité de jeu des acteurs (chose que l’on ne voyait pas dans la démo) et sur l’interaction avec ces derniers. Avec un gameplay ultra dynamique et jouissif, des graphismes de haute voltige et une véritable histoire fouillée et intéressante Anthem réussit son pari.

Bioware et EA vont malgré tout devoir continuer en ce sens via ses chapitres (débutants dès le mois de Mars) car la concurrence est rude. Entre un Destiny 2 bien implanté et un Division 2 arrivant en Mars, Anthem se doit de montrer sa différence et sa qualité dans son contenu endgame pour garder ses joueurs. Quant à attirer les nouveaux, cela risque d’être encore plus dur vu la campagne de dénigrement/défiance que subit le jeu depuis son annonce. Je ne peux que vous conseiller d’essayer car il mérite vraiment que vous lui laissiez une chance.

Je vais être clair, je ne vais pas comparer Anthem avec son principal adversaire, Destiny 2 car d’une part ce dernier a plus d’un an de vie, avec 2 season pass et une extension payante (ce que n’aura pas Anthem le long de sa vie d’ailleurs), ce qui le rend bien plus complet que le jeu de Bioware. Normal il a à peine une semaine de vie. Comparer ne serait absolument pas pertinent, et pourrait facilement virer au bashing. Si vous n’aimez pas grinder ou refaire les activités plusieurs fois (voir plus) afin d’affiner votre équipement (ce que font TOUS les jeux de ce style) vous ne ferez pas Anthem.

Mais, contrairement au jeu de Bungie qui met comme aboutissement le raid (et donc élimine facilement 50% des joueurs) Anthem lui permet à tous de profiter de son contenu, sans exclusion, il promet de belles choses via les futurs contenus. Le succès du dernier née de Bioware dépendra de vous…

Pseudo :

Rôliste, Metalleux et jouant aux jeux vidéos depuis trop longtemps pour le chiffrer, je reste passionné par ce média, particulièrement les RPGs sur lesquels je me suis bâti une solide expérience. Chez moi pas de préférence. Ce sont les jeux qui font la console et pas l'inverse !

Playstation Lucian_Blight

Succés XBox Lucian Blight

A propos de ce test

Jeu fourni par : Achat personnel

Testé sur : Xbox One X

Bons points

Bons Points Gameplay jouissif

Bons Points Graphisme magnifique

Bons Points Une histoire cohérente et bien écrite

Bons Points La possibilité de jouer les 4 Javelins avec le même perso

Mauvais points

Mauvais Points Trop de chargement

Mauvais Points Quelques bugs et crash

Mauvais Points Manque de contenu Endgame (pour le moment)

commentaires

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