Concrete Genie

Présenté lors de la Paris Games Week 2017, soit il y a presque deux ans jour pour jour, Concrete Genie avait titillé notre attention par sa direction artistique et sa promesse de poésie. Proposé par PixelOpus, le studio derrière Entwined sorti sur PlayStation 3, PlayStation 4 et PS vita et donc déjà habitués aux jeux un peu oniriques et originaux, il nous tardait de mettre la main sur ce soft. Après quelques heures de jeux, le titre remplit-il les promesses de ses trailers, nous met-il des paillettes dans nos vies? il est temps de prendre la plume pour vous dépeindre ce petit ovni.

Ash Tague

Concrètement, qu’est ce que Concrete Genie? C’est un jeu d’action-aventure dans lequel vous incarnez Ash, un adolescent assez solitaire qui se réfugie dans ses carnets de croquis et ses peintures. Comme tout jeune un poil marginal, il est la cible d’une petite bande de « bully » qui le bousculent et le harcèlent. Un jour, l’un des jeunes de la bande lui prends son carnet et arrache les pages qui s’envolent et s’éparpillent dans la ville de Denska et dans son phare, lieu de départ de votre aventure. Vous allez donc devoir retrouver toutes les pages de votre cahier, parsemées au grès du vent. Lors de votre périple vous rencontrerez Luna, un génie que vous avez dessiné et qui prendra vie pour vous demander de libérer Denska de l’horrible boue qui la rend si austère, conséquence d’une marée noire. Pour cela, elle vous fera don d’un pinceau magique vous permettant de peindre les murs et de donner vie à vos créations.

Les génies de la lampe.

Pour redonner sa vie et sa couleur à Denska, vous allez devoir rallumer les guirlandes d’ampoules disséminées dans la ville, découpée en secteurs pour l’occasion. Chaque fois que vous rallumerez toutes les ampoules d’un secteur, la boue nauséabonde disparaîtra du secteur, vous libérant le passage vers un autre secteur. Pour vous aider, vous aurez aussi l’assistance de génies que vous peindrez, ces derniers répartis en  quatre éléments, Feu, vent, électricité et eau. Vous pouvez créer vos génies à vos goûts grâce à de nombreux éléments de personnalisation comme des oreilles, des bras, des queues et des chapeaux, pouvant aboutir aux créations les plus loufoques. Vous pouvez même essayer de les peindre à l’envers!!!

Ces génies vous serviront donc à résoudre des petites énigmes comme des blocs à déplacer avec le vent ou des couvertures à brûler avec le feu, rien de bien transcendant ni de bien compliqué. La magie de la chose repose surtout sur le lien qui vous unit aux génies. En effet, ces derniers peuvent interagir avec vos peintures, ils peuvent par exemple tenter de gober des flocons de neige, manger des pommes que vous aurez peinte, jouer avec des plantes ballons etc. Des instants de douceur et de mignonnerie. Ils vous demanderont aussi parfois de leur dessiner des éléments particuliers afin de vous fournir en superpeinture, ce qui vous permettra de libérer des murs contaminés.

Un jeu un peu pataud, à l’image de Ash

Une fois toutes les zones d’une carte remplies, vous aurez accès au chef d’œuvre, peinture plus grande que les autres qui libère toute la carte de la boue et qui vous permet de passer à la carte suivante. A noter que pour réaliser vos créations, vous devrez appuyer sur R2 pour lancer le mode peinture. Ensuite deux choix s’offrent à vous, soit vous peignez grâce à la détection de mouvement du gyroscope de la manette, soit grâce au stick droit. Personnellement, j’ai trouvé le stick droit bien plus maniable.

Sans trop spoiler les éléments de scénario, Concrete Genie surfe sur une vague de sentimentalisme et tente de toucher la corde sensible en frôlant parfois la niaiserie. Certains trouveront d’ailleurs surement que la limite est parfois franchie quand Ash tente de jouer le moralisateur en cherchant toute sorte d’excuses à ses bourreaux, mais l’histoire va dans son sens, un pari risqué qui ne touchera pas tout le monde, dans la veine d’un Life is Strange.

Pour parler de la technique, si vous avez été intéressé par le jeu, c’est probablement que sa direction artistique vous a séduite, il n’est donc pas nécessaire de s’étaler vraiment dessus, c’est beau, c’est coloré et cela laisse une grande place à la création, même si l’on regrette de ne pouvoir peindre que des modèles prédéfinis et pas avoir une totale liberté sur son coup de pinceau. La VF est elle aussi de très bonne qualité et les musiques, plutôt discrète à l’image de Ash, s’intègrent particulièrement bien à l’ambiance du jeu.

Un sentiment de frustration

Il est donc temps d’aborder l’un des points faible du jeu. On savait bien qu’à ce prix, il ne fallait pas s’attendre à une durée de vie d’un AAA mais le fait est qu’en finissant le jeu en environ 6h, on se retrouve un peu frustré, la dernière partie passant en plus à une vitesse et un rythme de folie, ajoutant à cette frustration. Ajoutons à cela les nouveaux éléments de gameplay qui s’offrent à vous dans cette dernière partie et que nous vous laissons la surprise de découvrir, on a encore plus ce sentiment de concept pas assez exploité. Certes, vous pourrez prolonger votre aventure après l’histoire principale pour tenter de dénicher tous les secrets de Denska, comme les panneaux publicitaires, les moments de génies ou trouver absolument toutes les pages de cahier, mais cela ne suffira pas. Ce n’est pas non plus le mode peinture libre, qui vous propose de barbouiller tous les murs des différentes zones à la manière d’un bac à sable qui vous retiendront sur le jeu.

Au final, que penser de ce Concrete Genie? Et bien un sentiment de frustration serait ce qui résume le mieux l’expérience. D’abord happé par son univers coloré et sa direction artistique, on se rend vite compte que les possibilités sont sous exploitées, que sous un bel emballage se cache en fait un jeu assez classique. On passe donc un bon moment, sans pour autant laisser son empreinte. Il satisfera cependant les joueurs friands du genre,un peu comme Rime, Abzu ou ce genre de « petit jeu » qui propose une expérience Kleenex qu’il faut savoir apprécier de temps en temps.

Pseudo :

Joueur depuis la NES et ayant possédé toutes les consoles sauf la regrettée Dreamcast, jouant a tous les styles de jeux et chasseurs de trophées compulsif

Playstation Archangejulien

Succés XBox JusticiaOmnibus

A propos de ce test

Jeu fourni par : Sony

Testé sur : Playstation 4 Pro

Bons points

Bons Points La patte graphique

Bons Points Le concept novateur

Bons Points La VF

Mauvais points

Mauvais Points Beaucoup trop court

Mauvais Points un concept sous exploité

commentaires

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