Medievil

Le héros de Gallowmere est de retour. C’est ainsi que s’ouvrait le jeu original en 1998. C’est ainsi aussi que s’ouvre donc son remake en 2019, soit 21 ans plus tard. 21 années pendant lesquels les fans du premier opus (oui parce que les deux autres, bon…) ont attendu ce remake, haletant encore plus après la qualité des re-sorties de Crash Bandicoot et Spyro. Le Remake de notre vaillant héros squelette cyclope propose t il la même qualité que ses copains de la PS1 ou Sir Daniel Fortesque aurait il du rester dans sa crypte? C’est ce que nous allons vous dévoiler dans les prochaines lignes.

Alors, par où commencer? Pour ceux d’entres vous qui n’auraient pas connu Medievil en 1998, trop jeunes ou passés à côté, sachez que vous incarnez Sir Daniel Fortesque, Soldat tombé au combat contre le Sorcier Zarok, dès la première charge, sans donner le moindre coup, pour paraphraser le jeu. Le temps aidant et les gagnants écrivant l’Histoire, Sir Daniel a été porté aux nues et proclamé héros de Gallowmere. Cependant, le terrible sorcier est de retour et réveille les morts comme Michael Jackson dans le clip de Thriller. Il n’en faut pas moins pour offrir a notre squelette couard une nouvelle opportunité de briller.

C’est ainsi que votre aventure commencera par votre réveil dans la crypte. Une gargouille vous briefe et vous voila parti pour parcourir le cimetière, l’un des 20 niveaux que vous devrez traverser pour triompher de Zarok. On y retrouvera un peu tous les environnements spécifiques des films d’horreur des années 90, le champ de maïs avec les épouvantails et les citrouilles, l’asile ou bien le cimetière donc. Medievil nous offre un panaché des classiques du genre enrobé d’un style Burtonien et des musiques rappelant étrangement celles de Dany Elfman. En 1998, tout y était pour plaire à la génération de gamer PS1, en effet, Sir Daniel possédera toute une panoplie d’armes diverses et variées, allant de l’épée enchantée à l’arc de feu en passant par la hache et le marteau pour les classiques mais aussi par les pilons de poulet ou son propre bras pour les plus insolites.

Le point fort de Medievil est à coup sur son ambiance. Déjà porté par les décors et la musique cités plus haut, la narration et l’humour très anglais apporte un plus indéniable qui a participé au succès du jeu au siècle dernier. De même, le bestiaire varié et coloré continue dans cette mouvance décalée et haute en couleur pour parfaire encore plus le tableau. Tous ces points ayant été conservés, nous avouerons sans peine qu’au lancement du jeu, nous étions plutôt content de tenir à nouveau en main ce jeu de notre enfance. Les graphismes ayant été retravaillés rendant le tout agréable à l’œil, plus harmonisé entre les cinématiques et le jeu, mais aussi à l’oreille avec un doublage VF de très bonne facture.

On partait alors sur de bonnes bases pour avoir un remake d’aussi bonne facture que Crash et Spyro, mais voila, à trop vouloir garder l’esprit d’origine, on se heurte parfois à quelques soucis. En effet, on sera tous d’accord que les remake des jeux de l’ère PS1 jouent essentiellement sur la corde nostalgique et on comprend que les développeurs veuillent respecter le matériau de base en étant le plus fidèle possible sous peine de s’attirer les foudres des puristes. Cependant, fallait-il conserver cette maudite caméra qui faisait déjà tant débat en 98? N’aurait-il pas mieux valu rendre la chose plus actuelle et modifier ces soucis de collisions de caméra dans les décors?

De même, n’aurait-il pas été bénéfique à ce remake de rafraîchir le gameplay qui sent un peu le renfermé à l’image de notre héros? Changer cette imprécision dans les sauts qui vous coûte une fiole de vie dans le jeu et une manette IRL? (dédicace au niveau du marais) N’aurait-il pas été bon de changer les bugs connus depuis 20 ans comme celui de l’échiquier dans le labyrinthe? (je vous la fait courte: il faut mettre des pièces sur des cases précises en les déplaçant selon leur mouvement dans le jeu d’échec. J’ai bloqué mon fou, plus de déplacement possible en diagonale, impossible de reset le challenge, niveau à recommencer intégralement.) Peut être aurait-il été judicieux d’ajouter des checkpoints dans ce cas, pour ne pas être obligé de recommencer le niveau entier au moindre bug, à la moindre mort?

Bref, après quelques niveaux, le plaisir de jeu n’est plus le même qu’à l’époque et on se rends compte que ce qui était pardonnable en 1998 ne l’est plus en 2019, surtout quand le problème est connu. Alors certes, le jeu ne vous oppose pas de réelle difficultés pendant les 6h qui seront nécessaires à finir le jeu, mais on se rends compte qu’au final, la nostalgie ne suffit pas forcément à vous pousser à aller chercher tous les calices pour mériter votre place au hall des héros. Peut être serez vous poussé à chercher toutes les âmes perdues et leurs défis pour débloquer le jeu original et vous rendre compte des différences, mais ce n’est pas gagné.

En conclusion, ce Medievil 2019 ressemble plus à un remastered qu’un remake, avec l’impression de jouer au jeu de 1998 avec une refonte graphique (et la très bonne VF, j’insiste). On se demandera à qui il est destiné, les nostalgiques de 1998 y trouveront peut être leur compte avec une version belle à l’œil et à l’oreille, mais je ne suis pas sur que la nouvelle génération soit convaincu par juste cette ré hausse graphique, le gameplay daté sentant trop le renfermé. Vous auriez peut-être dû rester dans votre tombeau Sir Fortesque.

Bons points

Bons Points Les graphismes

Bons Points La nostalgie

Bons Points L'humour

Mauvais points

Mauvais Points La camera

Mauvais Points Le gameplay daté

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