Red Dead Redemption 2

Il y a huit ans sortait le jeu de cow boy dans l’univers western de Rockstar : Red Dead Redemption. Le jeu ayant marqué les joueurs par sa qualité d’écriture, son ambiance, ses nombreuses possibilités ingame et le charisme du personnage de John Marston. Il est donc tout naturel que la hype qui entoure déjà la sortie de chaque titre de Rockstar soit exacerbée vu l’attente que suscitait ce Red Dead Redemption II.

Cependant, quand je vois les notes et les commentaires qui rivalisent de superlatifs, j’ai tendance à freiner des deux pieds et à être extrêmement prudent. Alors Red Dead Redemption II mérite-t-il 21/20 ? Y aura-t-il un avant et un après RDR2 ? C’est ce à quoi nous allons tenter de répondre dans ce test.

Alors commençons de but en blanc : je n’ai pas aimé ce Red Dead Redemption II. Comme ça, on s’affranchit de cela tout de suite et je vais tenter de vous expliquer dans les prochains paragraphes pourquoi je n’ai pas aimé mais pourquoi je comprends qu’on puisse y adhérer. Tout est une question de point de vue et d’attente envers le jeu. Ainsi, je m’efforcerais de lister les possibilités du jeu en expliquant pourquoi elles m’ont gênées et ainsi justifier la note qui pourra sembler sévère à certains.

Des graphismes et une immersion top niveau

Commençons par le point sur lequel tout le monde sera d’accord : les graphismes. Sur cet aspect, Red Dead Redemption II est irréprochable. Esthétiquement parlant, le jeu rend une copie parfaite, que l’on parle des environnements montagneux, des forets ou des villes, tout  est somptueux. Les effets de lumière dus au soleil passant au travers des branchages, les reflets des lampes à huile sur les personnages le soir dans les camps, le travail est très soigné et offre une immersion totale dans ce monde de cow boy. Techniquement, on atteint aussi des sommets, que ce soit la boue qui reste sur les vêtements, la neige qui accroche au pantalon, les traces de pas qui restent dans la neige, le soin apporté aux détails est assez impressionnant.

Pour continuer dans l’immersion et le top niveau, il faut aussi mentionner la bande son. Que cela soit au niveau des bruitages, chants d’animaux, bruissement des feuilles, son des armes ou bien encore au niveau des doublages, c’est encore de haute volée. On a vraiment l’impression d’évoluer au milieu de vieux briscards ayant déjà bien roulé leur bosse. On verrait limite les petits gars la bouche pleine de tabac à mâcher pendant qu’ils discutent.

Attaquons maintenant les sujets qui fâchent. Commençons par le gameplay. Si je comprends la volonté de Rockstar d’avoir voulu faire de Red Dead Redemption II une simulation poussée de la vie de cow boy, ils en ont, pour moi, perdu de vue l’objectif d’un jeu vidéo : procurer du plaisir. J’ai personnellement trouvé le gameplay trop lourd. En effet, celui-ci sert bien évidemment l’immersion et décrit une volonté de forcer le joueur à profiter de son environnement, à prendre son temps, mais il apporte pour moi une lenteur qui m’a sorti du jeu et m’a plus fait pester qu’apprécier. De même, lorsque vous chevauchez, votre rythme s’adapte si vous croisez des PNJ. Pour exemple, je chevauchais vers un objectif quand j’ai croisé un chariot de transport de prisonnier.

Ce dernier s’est adressé à moi et mon cheval a adapté son allure à celle du chariot pour pouvoir profiter du dialogue et me laisser la possibilité de libérer le pauvre bougre ou non. Il a fallu matraquer la touche X pour sortir de son champ de gravité, pire que le faucon millenium avec l’étoile noire. Alors voila, que la possibilité soit donnée de le faire, c’est bien. Qu’on me l’impose, non. Le véritable souci de ce Red Dead Redemption II, à mon niveau est sa lenteur. Et tout est fait dans le jeu pour ralentir le rythme.

Un rythme lent et un gameplay lourd

L’histoire principale souffre aussi de ce manque de rythme et, j’irais même jusqu’à dire, d’intérêt. L’histoire ne décolle jamais vraiment et ne présente pour ainsi dire aucun réel but ni enjeu. Elle n’est là que pour vous faire suivre la vie d’un hors la loi qui tente de continuer à vivre dans un monde qui évolue sans lui. En effet, le jeu vous proposera une simulation de vie de cow boy, tentant de survivre dans un tournant de l’histoire du pays qui ne lui correspond pas et auquel il tente de s’adapter en faisant vivre son camp et en effectuant des missions à droite, à gauche pour gagner son pain quotidien. Encore une fois, ce point est soumis à l’appréciation personnelle et à l’attente que vous avez du jeu, mais je trouvais le premier Redemption plus rythmé et présentant plus d’enjeu dans son histoire de vengeance. Ici, pour moi, la trame principale n’est qu’un prétexte pour faire évoluer la chronologie et les changements de lieux. Elle est, en dehors de cela, inintéressante au possible.

Un open world fourmillant de contenu et de vie

A l’opposé, les missions annexes, elles, présentent un intérêt bien supérieur et offre un rythme bien mieux géré. Ces missions, représentées par des points d’interrogations dans un halo blanc sur la carte, vous seront données par des PNJ un peu partout dans ce Far West. Ajoutez à cela les événements aléatoires sur la map et vous aurez  le principal intérêt du jeu. Ainsi, vous aurez entre autres, à chercher un serial killer si vous tombez sur le corps d’une de ses victimes lors de vos explorations, sur un chalet détruit par une météorite, une soucoupe volante ou encore des ruines vikings proposant des armes uniques. Le monde de Red Dead Redemption II regorge de détails et de secrets aux côtés de missions de chasse à la créature légendaire plus classiques. Le nombre d’activités annexes comme les spectacles, le poker ou les dominos, entre autres, finissent le portrait d’un univers absolument incroyable de densité. Sur ce point, Rockstar révolutionne vraiment l’open world que l’on connaissait en proposant un univers immersif aux possibilités quasi infinies.

C’est cependant aussi ce point fort qui est son plus grand point faible selon moi. Rockstar n’a pas su trouver la bonne balance entre ce qu’il propose de faire et ce qu’il impose de faire. S’il est chouette de pouvoir prendre soin de sa monture, la nourrir, la brosser, entretenir un lien avec elle etc, il est dommage de devoir le faire sous prétexte qu’elle perde en efficacité. De même, s’il est sympa de customiser son apparence, d’entretenir son personnage en pouvant le raser, prendre des bains etc, il est dommage que ne pas manger régulièrement ou ne pas prendre le temps de se laver influent sur les capacités de notre personnage. Encore une fois, c’est une possibilité d’immersion incroyable qui pourra être appréciée, mais que j’ai trouvé liberticide car imposée.

Pour répondre aux questions de l’introduction, pour moi le jeux ne mérite pas un 21/20, par contre il est clair qu’il y aura un avant et un après Red Dead Redemption 2 tant celui-ci pose de nouvelles bases de très haut niveaux dans la création d’un open world crédible, réaliste et immersif proposant un multitude d’activités plus ou moins addictives et chronophages. Avec une meilleure gestion du rythme et de la balance possibilités/obligation, nous aurions frôlé le chef d’œuvre. En l’état, le jeu fait plus jeu de rôle/simulation ou bac à sable.

Pseudo :

Joueur depuis la NES et ayant possédé toutes les consoles sauf la regrettée Dreamcast, jouant a tous les styles de jeux et chasseurs de trophées compulsif

Playstation Archangejulien

Succés XBox JusticiaOmnibus

A propos de ce test

Jeu fourni par : Rockstar Games

Testé sur : PlayStation 4 et Xbox One

Bons points

Bons Points Les graphismes

Bons Points Les doublages

Bons Points Les missions annexes

Bons Points Le contenu incroyablement dense et varié

Bons Points La crédibilité de l’open World

Mauvais points

Mauvais Points Le rythme trop lent

Mauvais Points Le gameplay trop lourd

Mauvais Points L’histoire sans enjeu ni véritable intérêt

commentaires

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.