Une histoire étrange, parfois touchante, souvent chaotique
La grande force de Damon and Baby vient de sa manière de faire évoluer son duo principal. Le jeu part d’un prétexte volontairement absurde : un démon violent doit s’occuper d’un bébé. Pourtant, cette situation grotesque devient peu à peu le cœur émotionnel de l’aventure.
L’écriture joue constamment sur le contraste entre la brutalité de Damon et l’innocence de la petite fille. Le résultat donne des scènes parfois drôles, parfois plus intimes, avec une relation qui se construit sans forcer le trait. Le jeu ne sort pas les violons toutes les trois minutes, et c’est justement ce qui rend certains moments plus efficaces.
L’univers, lui, reste volontairement flou. Damon and Baby préfère suggérer plutôt qu’expliquer, quitte à laisser plusieurs zones d’ombre derrière lui. On traverse des enfers, des dimensions et des lieux étranges qui semblent parfois exister chacun dans leur propre logique. Cela donne un certain charme à l’ensemble, même si les joueurs qui aiment les récits très structurés risquent de rester un peu sur le pas de la porte.
Le rythme narratif reste cependant irrégulier. Certaines cinématiques manquent d’impact et l’histoire, malgré sa concision, paraît parfois morcelée. En revanche, dès que le jeu revient à Damon et à la petite fille, il retrouve immédiatement son équilibre. C’est dans cette relation que Damon and Baby brille le plus, bien plus que dans les grandes explications sur son univers.


Damon and Baby est une expérience réussie, originale et chaotique, portée par une relation centrale étonnamment efficace et une direction artistique marquée. Ses imprécisions de contrôle, son corps à corps trop risqué et quelques soucis de lisibilité l’empêchent d’atteindre un niveau supérieur, mais son identité forte compense largement une partie de ses maladresses.
Yakudark